Une coalition pour lutter contre la cybercriminalité

Selon un récent sondage de la FEB, 51 % des entreprises ont déjà été hackées.
Selon un récent sondage de la FEB, 51 % des entreprises ont déjà été hackées. - © JOE RAEDLE - BELGAIMAGE

Les secteurs académique, public et des entreprises se réunissent pour lancer une coalition pour la cybersécurité. Parmi les membres fondateurs : la FEB, la Solvay Brussels School Economics&Management, Proximus et le CERT (organisme fédéral en charge de la gestion de la cybercriminalité). Une entreprise sur deux a déjà fait les frais d’une cyberattaque.

La cybercriminalité, fléau du 21ème siècle. Entre janvier et juin 2014, 751 000 cas d’ordinateurs hackés ont été signalés en Belgique au CERT. Selon un récent sondage de la FEB, 51 % des entreprises ont déjà été hackées. Le groupe ManPower en a fait les frais l’an dernier. "Ça s’est passé sur l’heure du midi, explique Marc Vandeleene, le porte-parole de ManPower,  à un moment où notre site était très fréquenté par les demandeurs d’emploi. Notre site a été hacké par une image pédopornographique. Nous avons rapidement mis notre site offline."

Coût pour les entreprises au niveau mondial: 280 milliards d’euros

L’entreprise avait très rapidement géré l’attaque et l’avait signalée au CERT. Mais beaucoup d’entreprises sont perdues dans ce genre de situations. La première mission de la coalition sera donc de les sensibiliser et les informer. "Au niveau mondial, ça coûte aux entreprises 280 milliards d’euros, explique Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. Au niveau belge, une entreprise sur deux a déjà été confrontée au hacking et n’est pas armée pour lutter contre cette cybercriminalité."

Echanger des connaissances

Proximus (ex-Belgacom) fait partie des membres fondateurs de cette coalition. "Proximus a été l’une des premières entreprises à exposer publiquement le fait qu’elle avait été hackée, il y a un an, explique Dominique Leroy, administratrice déléguée de Proximus. Et entre-temps de nombreuses entreprises ont subi le même sort. Et à l’époque on était un peu seuls, on avait dû chercher des experts à l’étranger. C’est fort de cette expérience qu’on se dit qu’on doit mettre les forces ensemble, échanger les connaissances, pour que les entreprises puissent plus vite réagir en cas de cyber-attaque."

Proximus échange aujourd’hui déjà des connaissances avec d’autres opérateurs européens. Pour le CERT, autre membre fondateur de la coalition, il s’agit aussi d’une forme de continuité. "Ce qu’on fait quand on nous signale une attaque, explique Christian Van Heurck, coordinateur du CERT, c’est se renseigner, avoir d’avantage d’information via notre réseau international, qui peut parfois aider les gens à trouver une solution pour le problème. Si plein de choses sont rapportées, on doit envisager de générer une alerte, et avertir aussi bien le secteur public que le secteur privé."

Former des experts belges

Pour éviter que, comme l’an dernier, les entreprises doivent avoir recours à des experts néerlandais, il faut former des experts en Belgique. C’est pourquoi l’on retrouve dans les partenaires de la première heure de cette coalition, la Solvay Brussels School Economics&Management. "Nous disposons déjà depuis plus de 10 ans de programmes de sécurité de l’information, mais maintenant à partir du mois de janvier, nous lançons un master en cybersécurité", explique Bruno Van Pottelsberghe, doyen de la Solvay Brussels School Economics&Management.

"En fait, il ne faut pas seulement des experts techniques, explique Georges Ataya, professeur à Solvay, spécialiste en cybersécurité. Il faut aussi des experts qui sont capables de faire de bonnes gestions de risque, d’évaluation du danger, d’évaluation financière de l’impact."

En attendant, les entreprises sont invitées à signaler au CERT toute cyber attaque dont elles seraient victime. Leur anonymat sera respecté.

O. Leherte

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