Une Catalane coupe le pénis de son patron, elle l’accuse de lui faire subir des agressions sexuelles à répétition

En province de Barcelone, à Sant Andreu de la Barca, une jeune femme a coupé le pénis du propriétaire du bar où elle travaillait.

Les faits se sont déroulés ce 1er juin, rapporte un média local. La femme, arrêtée par la police (Mosso), a expliqué "en avoir marre" des agressions sexuelles subies de la part de son patron. Elle a alors voulu se faire justice elle-même lorsque l’homme aurait essayé à nouveau d’abuser d’elle.

La femme s’est présentée spontanément à la police, racontant sa version de l’histoire et expliquant qu’elle a déjà été forcée à avoir des rapports sexuels non consentis avec l’individu. Elle aurait alors sectionné le pénis de son agresseur présumé avec un couteau.

Actuellement, l’homme se trouve à l’hôpital et la femme pourrait devoir répondre d’un crime d’agression sexuelle.

Des précédents et un cadre législatif en évolution

Seules les investigations qui seront menées permettront en effet de savoir dans quelles circonstances précises se sont déroulés les faits. Si ce fait divers est plutôt inédit et que tous les éléments de l’enquête n’ont pas encore été éclaircis, cet épisode met en avant la question de la responsabilité et de la prise en charge du viol.


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En Espagne, le gouvernement avait annoncé en mars 2020 en fanfare une proposition de loi comprenant des mesures pour lutter contre les violences sexuelles et la redéfinition de la notion de viol. La proposition, bien vue de la part de plusieurs associations dont Amnesty International, faisait écho à l’affaire "de la meute". A l’époque, cinq hommes étaient accusés de viol collectif à l’encontre d’une adolescente de 14 ans. Ils n’avaient finalement pas été accusés d’agression sexuelle — l'équivalent de l’accusation de viol en Espagne-, puisque la jeune fille se trouvait dans un état inconscient à cause de sa consommation d’alcool et de drogues.

Ainsi, le juge estimait que les accusés n’avaient fait usage "d’aucune sorte de violence ou d’intimation" et avaient été condamnés à des peines de prison allant de 10 à 20 ans, contre les 15 à 20 ans prévus dans les cas d’agression sexuelle.


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Le jugement émis avait suscité un tollé en Espagne et à l’étranger aussi, poussant le gouvernement à faire une proposition de loi, en mars 2020, afin de réviser la définition juridique du viol pour une approche fondée sur le consentement. Depuis, cette proposition n’a toujours pas été déposée au Parlement.

Selon les derniers chiffres disponibles d’Eurostat, relayées par l’asbl SOS Viol, 1387 femmes ont subi un viol en Espagne en 2017. Ce chiffre était en hausse sur les trois années précédentes.

 

 

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