Une boîte de trois biscuits "Oreo - Supreme" enflamme la toile avec son prix : jusqu'à 15.000 dollars

Pour la première fois, la marque américaine Supreme s'est associée à une autre marque célèbre pour créer un produit comestible. Les biscuits Oreo ont désormais une version rouge et blanche, floquée Supreme. Ce produit, emballé par trois (oui seulement 3 biscuits) affole les fans et internet en général.

 

Lors de l'annonce de sa collection printemps-été 2020 le 17 février, la marque phénomène a publié une vidéo teaser. Après avoir redonné vie par hologramme au rappeur américain Tupac, Supreme a dévoilé les produits à venir pour le "drop"  (sortie hebdomadaire) du jeudi 27 février.

Parmi cette sélection d'article figure une boîte d'Oreos, déjà vendue en exclusivité dans les deux magasins américains de la marque. Le prix en magasin est de 8$ (soit 7,39 euros) pour la boîte de 3 biscuits, au lieu de 2,2 euros la boîte de 20 pièces chez nous.

Cette collaboration a rendu dingue les nombreux fans de la marque, mais aussi les book-makers et autres revendeurs de produits Supreme. Rien que pour les paquets vendus en primeur aux magasins de Los Angeles et New-York, sur Ebay les prix s'envolent. On va de 50$ à 15.200$ pour un seul pack de trois biscuits... 

Le principe de vente effectué par Supreme est celui de la rareté du produit : chaque jeudi à midi, une série de produits limités est mise en vente. La marque produit majoritairement des vêtements, mais est aussi célèbre pour imposer ses couleurs et son nom sur pleins d'objets aussi variés qu'improbables. Pour cette collection, les accessoires seront donc : un lecteur de vinyle, un vélo BMX, des sachets Ziploc, des draps de bains, un cadenas, etc... 

Comment faire pour acheter ? Une première option est de se connecter sur leur site internet le jeudi aux alentours de midi et avoir une bonne connexion pour parvenir à commander quelques pièces.

La seconde option est de se trouver dans l'une des cinq villes au monde qui compte un magasin Supreme. De plus, entrer en magasin un jeudi (jour de sortie) n'est pas si simple : il faut être tiré au sort afin de bénéficier de son nom sur une liste et pénétrer le "shop" de Paris, Londres, New-York, Tokyo ou Los Angeles.

L'empire de la discrétion et du buzz

Marque très discrète de skate et de sport, sa simplicité visuelle ainsi que sa communication minimale font son succès. Comme le confirme Alain Decrop, professeur de marketing à l'UNamur : "C'est un processus qui devient courant dans la mode. On crée une rareté dans le produit pour attirer le consommateur et justifier un prix qui ira à la hausse". 

Outre la fréquence de ses "drop", Supreme a bâti sa réputation avec de nombreuses collaborations. En plus des "items" (objets en tous genres réalisé entre Supreme et une marque comme Zippo ou les gourdes SIGG), des capsules de vêtements en collaboration avec des marques comme Champion, The North Face, Lacoste ou le créateur Jean Paul Gauthier, voient le jour. 

La plus célèbre d'entre elle est Supreme X Louis Vuitton : pour la première fois, un mélange entre marque de sport et haute couture s'est opéré. Trois ans après cette collaboration historique, les prix sont encore mirobolants comme on peut le constater sur le site StockX, spécialiste de la revente et authentification de produits rares dans la mode sport.

Pourtant, aucune promotion n'est faite, et aucun besoin étant donné la vitesse de vente. 

Un marché colossal

Entre une dizaine et une trentaine des produits (en plusieurs coloris) sortent chaque jeudi. La demande n'est pas toujours excessivement élevée, mais globalement quelques heures suffisent à faire partir 99% des articles disponibles. Les fans spéculent donc chaque semaine sur la pièce qu'il faudra acheter absolument, même si chacun y va souvent de ses préférences personnelles.

Une autre particularité est le prix, comptez environ 58 euros pour recevoir un t-shirt de chez Supreme chez vous. En plus des taxes et frais de port de ce colis venant des États-Unis, comptez que le produit sera très souvent "made in USA" ou Canada. Les produits sont donc aussi collectionnés.

David, gérant d'une page Instagram de vente de produits Supreme, explique la composition de cette communauté : "La moitié de mes clients sont des collectionneurs, ils veulent des pièces spécifiques. Par exemple la semaine dernière, le propriétaire d'un magasin de skateboard m'a demandé de lui trouver des autocollants qui datent de 1997. L'autre moitié des acheteurs souhaite uniquement acheter des pièces Supreme pour porter des choses que peu d'autres personnes possèdent. Il y a une recherche d'originalité et aussi d'avoir des vêtements d'une marque tendance".

L’appât du gain attire aussi : pourquoi se contenter d'acheter et garder des produits alors que certaines personnes mettraient le prix fort pour les avoir ? 


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De nombreuses personnes achètent les produits à leur sortie pour les revendre à un prix plus élevé. Une forme de spéculation qui attire des gens à la recherche de bénéfice facile, comme le constate David : "Dans les resellers (revendeurs), peu sont des aficionados de Supreme en réalité, la majorité cherche à faire ça pour l'aspect financier".

En ce qui concerne l'envolée des biscuits Oreo, celle-ci n'est pas surprenante pour David : "Au plus la pièce est exclusive et même 'étrange', au plus les gens en seront friands. Par exemple, il y a un an j'avais acheter une mini moto Honda en collaboration avec Supreme. 50 exemplaires étaient destinées à l'Amérique et 50 à l'Europe, le prix de base à 1000$ a rapidement triplé".

Il faut souligner que certaines montées sont éphémères, ou certaines spéculations avant sortie ne s'opéreront pas de la même manière lorsque les gens auront acheté le produit.

En tout cas, avec ses Oreos, la marque a déjà à nouveau gagné un gros buzz médiatique. 

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