Une Belge obligée de vivre au Népal pour rester près de sa fille adoptive

La petite fille adoptée ne peut pas venir en Belgique
La petite fille adoptée ne peut pas venir en Belgique - © Capture d'écran YouTube

Une mère belge se trouve devant un choix cornélien: soit elle reste au Népal avec sa fille adoptive, soit elle rentre en Belgique en abandonnant sa fille à un orphelinat sur place.

Il est Népalais, elle est Belge et ils ne peuvent pas avoir d'enfant. En 2005 ces habitants de Bruges commencent le long parcours des parents qui se lancent dans l’adoption. Ils souhaitent adopter un enfant népalais, c’est logique puisque c’est la nationalité du père. Ils y sont autorisés. Mais jusqu'en 2011 aucun enfant n'est proposé au couple.

Le Népal n'a pas bonne réputation dans cette matière: les adoptions d'enfants soi-disant "trouvés", mais en réalité enlevés à leur famille avant d'être confiés pour adoption, sont fréquentes. Puisque la Belgique n’a plus d’accord d’adoption avec le Népal, Bénédicte et son mari se sont fait aider par un avocat néerlandais et se sont rendus directement au Népal en 2011. Dikipa, la fille adoptive de Bénédicte Van de Sande a bien été abandonnée. Elle la nourrit et la soigne dans des conditions difficiles au Népal. Le parcours administratif pour faire reconnaître cette adoption est kafkaïen; le blogueur Marcel Sel le relate.

Visa humanitaire

Pour assurer la protection de l’enfant, toute adoption étrangère doit passer par une autorité administrative ou un organisme reconnu par les autorités belges. Ce n’était pas le cas de Bénédicte et son mari ; voilà pourquoi l’adoption n’a pas été reconnue. Et que Dipika n’a pas obtenu de visa pour entrer en Belgique.

Résultat : l'administration flamande, l'Etat fédéral et le consulat de Belgique à Katmandou suggèrent à la mère de rompre ses liens avec sa fille et de l'abandonner à un orphelinat au Népal.

L’adoption est une matière régionale dans notre pays. L’organisme flamand Kind en Gezin ne souhaite faire aucun commentaire. Béatrice Bertrand, juriste à la direction de l’adoption de la Fédération Wallonie-Bruxelles, précise de son côté que "cette fille qui, selon le droit népalais, est l’enfant de madame (Van de Sande), n’est pas son enfant selon le droit belge. La seule solution éventuelle possible serait l’octroi d’un visa humanitaire. Par rapport au droit belge de l’adoption, il n’y a aucune solution". La crainte existe de créer un précédent juridique mais certaines décisions administratives peuvent briser une vie.

A.L. avec A. Meeus et M. Paquay

Vidéo: dans cette interview, Bénédicte Van de Sande relate sa situation

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