Une banque de peau à Charleroi, un coffre-fort précieux pour médecins et patients

Une banque de peau à Charleroi, un coffre-fort précieux pour médecins et patients
Une banque de peau à Charleroi, un coffre-fort précieux pour médecins et patients - © Tous droits réservés

Il faut un code pour y pénétrer. Derrière une grande porte, glacée par un congélateur à -78°C, se cache un trésor: plusieurs dizaines d'échantillons de peau pour traiter les brûlés. Le Grand hôpital de Charleroi vient de se doter de la toute première banque de peau wallonne. Une banque de peau intégrée: "Tout est dans le même service et ça c'est une première, décrit Jean-Noël Vandenbenderie, infirmier en chef du centre des brûlés de l'hôpital. Normalement, tout est séparé, il y a un service qui gère les greffons de peau et qui distribue en fonction des demandes dans différents centres pour brûlés du Royaume. Ici tout se trouve au même endroit, il n'y a plus qu'à tendre le bras".

Plusieurs m² de peau

C'est que la demande est énorme. Rien que dans ce centre de brûlés carolo, plusieurs milliers de patients sont traités chaque année: "En consultation, nous tournons autour de 2500, avec les visites régulières, les greffes mais nous avons aussi près de 180 grands brûlés qui restent bien plus longtemps. Jusqu'ici nous devions nous fournir généralement aux Pays-Bas et en grandes quantités. 30 000 à 50 000 cm² d'épiderme arrivent ici annuellement".

Plusieurs mètres carré d'épiderme pour soigner et soulager des patients venus de toute la Wallonie et de plus loin encore: "Les centres pour brûlés ne courent pas les rues. Dans la Région, il n'y a que celui-ci et un autre à Liège. Nous couvrons un très grand bassin de population, très dense qui dépasse même nos frontières suites à des accords avec nos voisins français".

Greffes et greffons

Ces milliers de petits morceaux de peau ne remplacent pas la surface atteinte du corps, telle une greffe définitive mais du meilleur pansement pour traiter les victimes: "Quand un patient nécessite un traitement, plutôt qu'utiliser d'autres méthodes, nous pensons que ces allogreffes remplissent parfaitement leur rôle, explique le docteur Denis Dufrane, chef de la banque de peau dans l'hôpital. On décongèle l'échantillon prélevé au départ sur le corps d'un défunt, comme un don d'organe finalement, et il retrouve ses propriétés initiales. En l'appliquant sur les brûlures, le patient va bénéficier de l'humidité de la peau. Cela protège aussi contre les bactéries, les infections et les facteurs cicatrisant aident à la guérison".

Le petit Alessio, brûlé au second degré sur les deux pieds suite à un accident domestique, a bénéficié de ce traitement pour se soigner plus rapidement. Mais les grands brûlés aussi ont des besoins, parfois grands: "Quand ils ont des greffes, ce sont des morceaux de peau que nous récupérons sur leur propre corps. Jamais une greffe ne vient d'un donneur étranger. Donc dans ce cas, la peau des greffons sert à "patienter" et à maintenir la brûlure dans de bonnes conditions en attendant une cicatrisation définitive".

Désormais, nulle besoin de commander ces greffons ailleurs. Le grand hôpital de Charleroi a intégré directement cette banque de peau au sein de son service. Un gain de temps, une facilité qui va aider plusieurs milliers de victimes chaque année.

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