"Men having babies": à cause du vide juridique, les couples homos se tournent vers l'étranger pour une mère porteuse

Être un couple de papas ou de mamans en 2018, est-ce encore un parcours du combattant ? Entre questions éthiques liées à gestation pour autrui (GPA), législations différentes quant à l'adoption dans les pays, il n'est pas toujours évident de trouver la voie pour ces couples qui veulent fonder une famille.

C'est pourquoi l'association américaine "Men Having Babies" organise ce dimanche une conférence à Bruxelles. Ce type d'événement ne serait pas possible en France, par exemple, où parler de la GPA dans le débat public est considérer comme une façon de faire la promotion de cette pratique, interdite.

Aucune législation claire en Belgique

La GPA n'est autorisée que dans quelques pays du globe Parmi eux, la Belgique même si un vide juridique persiste autour de cette pratique. "On en fait dans quelques centres de reproduction, mais de façon extrêmement prudente et marginale", s'indigne Didier Disenhaus, administrateur de l'ASBL Homoparentalités qui milite pour un l'accès des couples homosexuels à la parentalité. "Les couples de même sexe qui souhaitent faire famille doivent souvent se diriger vers l'étranger", ajoute-t-il.

"Il n'y a pas de volonté politique d'avancer, remarque M. Disenhaus, le Sénat belge a publié une étude très complète en 2014. Elle faisait état politique de la question. Il semblait exister un consensus quasi général en faveur d'une législation encadrant la GPA." Néanmoins une question persiste à l'époque : celle de savoir quelle type législation mettre en place. Alors que le CDH est en faveur d'une interdiction complète, d’autres partis plaident pour un encadrement plus variable.

Depuis, le dossier stagne. Confrontés à ce vide juridique, les couples homosexuels désireux être parents se tournent vers l'étranger, souvent les Etats-Unis ou le Canada. Une pratique courante mais pas sans de difficultés selon Didier Disenhaus : "Les couples qui profitent de la GPA à l'étranger sortent d'une législation connue. Le pays où le projet parental voit le jour n'est pas celui où l'enfant grandira, cela implique de se renseigner sur la compatibilité des lois du pays hôte."

La gestation pour autrui est l'une des rares façon d'être parent pour les couples de même sexe, c'est pourquoi l'ASBL Homoparentalités milite pour qu'ils bénéficient d'un cadre législatif qui balise les procédures. L'association est formelle, il faut s'assurer que la pratique respecte une éthique positive et que toutes les parties impliquées sont protégées.

Une pratique qui fait débat

En Belgique, la GPA cultive de nombreux opposants. En marge de la conférence de "Men Having Babies", une coallition de mouvements féministes issus de 8 pays européens a été créée. Elle dénonce la marchandisation du corps des femmes qui découle de cette façon de faire famille.

"Des reportages mettent en scène des 'fermes à bébés' dans les pays miséreux", remarque Didier Disenhaus. Mais selon lui, ce type de représentation relève du cliché, son association juge ce type de pratique intolérable. "À côté de cela, il existe aussi des femmes merveilleuses tout à fait prêtes à pratiquer une gestation pour autrui souvent beaucoup plus altruiste que ce que l'on peut pense", conclut-il.

 

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