Un vaccin contre le coronavirus dès début octobre? Donald Trump persiste et signe, sa réélection est sans doute à ce prix

Trump y croît (ou fait mine d'y croire). Il espère bientôt pouvoir offrir à tous les américains un vaccin gratuit et efficace contre le coronavirus, sans quoi ses chances d'être réélu face à Joe Biden risque d'être très faibles.
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Trump y croît (ou fait mine d'y croire). Il espère bientôt pouvoir offrir à tous les américains un vaccin gratuit et efficace contre le coronavirus, sans quoi ses chances d'être réélu face à Joe Biden risque d'être très faibles. - © MANDEL NGAN - AFP

Mais qui arrêtera donc Donald Trump ? Certainement pas le Covid-19 à en croire le milliardaire. Mieux (ou pire, c’est selon), le vilain coronavirus pourrait bien se révéler l’as dans la manche de Trump, l’atout de dernière minute, capable de retourner une situation mal embarquée et de la transformer en une victoire flamboyante.

Nos militaires et les autres responsables sont prêts à agir

Pour cela, il faudra cependant qu’un vaccin contre le virus qui empeste la planète depuis janvier (au moins) voie le jour. Car Trump le sait, sa réélection est à ce prix. Pas étonnant dès lors qu’il n’hésite pas à clamer sur tous les toits que les Etats-Unis disposeraient à partir d’octobre d’un vaccin contre le Covid-19. Vaccin qui, last but not least, sera largement distribué dans la population.

"Nous sommes prêts. Nos militaires et les autres responsables sont prêts à agir. Nous pensons que (la distribution d’un vaccin) pourrait même commencer dès octobre. Sans doute novembre ou décembre au plus tard", a martelé le président américain lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, prenant ses distances avec le chef des autorités sanitaires américaines.

Pas avant le deuxième ou troisième trimestre 2021

Le hic, car hic il y a, et pas des moindres, c’est qu’experts et autorités sanitaires US voient cet empressement d’un très mauvais œil.

Interrogé au Congrès, le directeur des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Robert Redfield a estimé plus tôt dans la journée que la majorité des Américains ne pourraient pas bénéficier d’un vaccin avant "le deuxième ou troisième trimestre de 2021", même si celui-ci était autorisé dans les prochaines semaines.

Qu’à cela ne tienne, le locataire de la Maison blanche n’en démord pas. Fidèle aux techniques qui l’ont rendu célèbre, Trump n’a d’ailleurs pas tardé à rebondir en déclarait tout simplement que Redfield se trompait : "Je pense qu’il a fait une erreur quand il a dit ça. C’est une information incorrecte".

Un coronavirus… Éphémère et susceptible de disparaître sans vaccin

Par ailleurs, quelques heures auparavant sur le plateau de la chaîne ABC, Donald Trump avait cherché à rassurer la population en affirmant à nouveau que le coronavirus finirait de toute façon par disparaître avec le temps.

"Tout va bien se passer, c’est en train de disparaître. Et cela disparaîtra encore plus vite avec les vaccins".

Distribution dans les 24 heures après approbation par la FDA

Alors Trump ment-il de manière éhontée ou son optimisme a-t-il un sens ? À en croire la frénésie avec laquelle la course aux vaccins aux Etats-Unis avance et la vitesse avec laquelle les avancées se succèdent, de jamais vu auparavant dans le cadre d’une recherche de vaccin, tous les espoirs sont permis. D’autant que les deux principales entreprises pharmaceutiques US en lice, Pfizer et Moderna, sont toutes les deux au dernier stade des tests, à savoir la phase 3, celle relative aux essais cliniques sur des patients volontaires, près de 30.000 en tout.

Il n’est cependant pas rare que des essais de phase 3 de médicaments ou de vaccins échouent malgré des résultats positifs dans les phases précédentes sur quelques centaines de participants. Ce fut notamment le cas d’un vaccin expérimental contre l’herpès.

Et même si les essais cliniques étaient concluants avant l’élection présidentielle, ce qui est jugé peu probable par les experts, la distribution de doses sera initialement "très limitée" et réservée à certaines populations prioritaires. Difficile donc imaginer satisfaire tout le monde avant la date fatidique du 3 novembre.

Trump Express

Mais Trump se dit confiant car les préparatifs logistiques pour le vaccin sont d’ores et déjà lancés. Un responsable de l’opération Warp Speed, qui coordonne toute la stratégie vaccinale du gouvernement, a d’ailleurs annoncé ce mercredi que le but était de distribuer les premières doses de vaccins dans les 24 heures suivant une éventuelle autorisation en urgence par l’Agence des médicaments (FDA).

L’intégrité de ce processus d’autorisation par la Food and Drug Administration (FDA) est cependant mise en doute. La tentation pourrait en effet être grande de ne pas respecter les normes habituelles et d’autoriser un vaccin même si les essais démontrent qu’il ne réduit pas d’au moins 50% l’incidence du Covid-19.

Passer outre l’avis de la FDA

La Maison Blanche pourrait-elle intervenir pour faire homologuer un vaccin dès le mois d’octobre, malgré l’opposition des experts de la FDA ? "Si le département de la Santé voulait passer outre, il a le pouvoir de ne pas respecter un avis de la FDA", souligne Peter Lurie ancien membre de la FDA.

S’ils sont rares des précédents existent. L’administration Obama, en 2011, s’est opposée à un avis de la FDA. Celui-ci permettait que la pilule du lendemain soit accessible sans ordonnance. Une opposition qui ne tiendra pas longtemps puisque deux ans plus tard, en 2013, une cour fédérale de New York estima que cette opposition étant sans fondement scientifique, rendant la pilule accessible à toutes les jeunes filles sans ordonnance.

Joe Biden en embuscade, et dans le Saturday Night Live de NBC

De son côté, Joe Biden, a compris qu’il devait lui aussi jouer la carte du vaccin, mais de manière différente. En tête des sondages, le candidat démocrate à la présidentielle fourbit ses armes pour le sprint final : "Je fais confiance aux vaccins, je fais confiance aux scientifiques, mais je n’ai pas confiance en Donald Trump. Et en ce moment, les Américains ne peuvent pas avoir confiance non plus", a encore attaqué Biden mercredi. Un Biden bousculé sans vergogne par Trump qui n’a pas hésité à publier une vidéo truquée de son adversaire sur Twitter.

Dans la peau de Jim Carrey ou l’inverse

Mais l’information qui agite la population américaine ces dernières heures est l’annonce par la chaîne NBC que Jim Carrey, jouera le candidat démocrate à la présidence Joe Biden lors de la prochaine saison de Saturday Night Live, l’un des programmes de télévision diffusés depuis le plus longtemps sur le réseau américain. Une nouvelle qui fait grand bruit, Jim Carrey ne s’étant jamais privé de critiquer la présidence de Donald Trump.

À partir du 3 octobre, Carrey rejoindra donc les acteurs Alec Baldwin et Maya Rudolph qui incarneront respectivement Donald Trump et Kamala Harris. Cinq épisodes sont prévus avant l’élection du 3 novembre. Cinq épisodes que beaucoup d’observateurs qualifient d’ores et déjà d’essentiels dans une course à la Maison Blanche plus médiatique que jamais.

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