Un travail scientifique belge révèle les secrets du langage des poissons

Les poissons parlent
Les poissons parlent - © RTBF

Depuis plusieurs années, Eric Parmentier traque les sons émis par les poissons. Récemment, une équipe française qui tournait un film sur le cœlacanthe, a planté l'un des micros du scientifique dans une grotte située à 120 mètres de fond au large des côtes sud-africaines. Pendant quinze jours, il a enregistré des milliers de sons qui, à l'analyse, ont révélé l'existence de communautés de poissons aux formes de communication très élaborées.

La plupart des gens pensent que les poissons ne parlent pas. Le célèbre commandant Cousteau a même surnommé les profondeurs marines, "Monde du silence ". Pourtant une étude scientifique menée à l’université de Liège révèle la multiplicité de langages qui existe entre eux. Némo, le poisson clown immortalisé par Walt Disney émet par exemple des sons très précis lorsqu'il veut mettre en garde les autres poissons qui pourraient se mettre en travers de son chemin. Eric Parmentier, directeur du laboratoire de morphologie fonctionnelle et évolutive à l’ULg, nous fait également écouter le son de maigres, ces poissons marins de l’Atlantique et de la Méditerranée. Il explique qu'"Il s’agit d’un groupe de mâles en rut qui cherchent à attirer des femelles".

Le monde du silence est en réalité très bruyant. Qu'ils s'appellent pour se défendre, se rassembler ou encore se reproduire, les poissons communiquent: "La visibilité dans l’eau n’est pas toujours parfaite, et émettre des sons peut être intéressant pour pouvoir par exemple retrouver ses partenaires sexuels", explique Eric Parmentier.

Un paysage sonore impressionnant

Pour affiner ses connaissances, le scientifique participe à une étude sur le cœlacanthe, un poisson préhistorique qui se serait transformé pour coloniser la terre. Quelques espèces de ce poisson fossile survivent néanmoins au large des côtes d'Afrique du sud. Les plongeurs partis à sa recherche ont posé l’un des micros d’Eric dans une grotte à 120 mètres de profondeur pour le pister: "Nous avons été complètement surpris par le nombre de sons différents émis par les poissons qui vivaient en compagnie du cœlacanthe ". Pendant quinze jours, le micro a capté plus de 2793 sons. A l'analyse, Eric différencie les sons diurnes des sons nocturnes: "Les sons de la nuit sont plus complexes car il n’est pas possible de distinguer les autres poissons. Donc il faut que le poisson ait davantage de caractéristiques acoustiques qui permettent de le reconnaitre".  Toutes ces recherches apportent désormais une meilleure compréhension du mode de vie des poissons.

I.L. avec Lucie Dendooven

 

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