Un Tour de France intense, du début à la fin

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Sébastien Georis, l'invité de Matin Première ce vendredi, se trouve déjà à Monaco où sera donné samedi le départ de ce 96ème Tour de France. Il sera notre correspondant sur la Grande Boucle et il prédit un Tour de France intense.

De nombreuses questions se posent à l'entame de ce nouveau Tour, dont l'équipe Astana fait figure de grande favorite, avec  pas moins de trois coureurs de premier plan : le leader Alberto Contador, vainqueur en 2007, Levi Leipheimer en premier outsider  puis le grand revenant, Lance Armstrong, huit fois vainqueur du Tour. Mais qu'en est-il justement de l'état de forme de ce dernier ? « Après trois ans, d'arrêt, terminer 10ème du Giro c'est déjà pas mal", relève Sébastien Georis. "Mais a-t-il encore une marge de progression ? Si c'est le cas, attention à lui ! Lance Armstrong lui-même se donne 30% de chances de gagner, et 30% c'est tout de même énorme ! »

Le cas Armstrong

On dit qu'il est motivé essentiellement par sa  fondation contre le cancer et la lutte contre ce fléau ; mais on dit aussi qu'il veut devenir gouverneur du Texas et que ce retour au premier plan serait une bonne manière de se faire de la publicité...  "Si tel est le cas, ce serait un objectif à long terme", répond Sébastien Georis, "et certainement pas avant 2014. Ses ambitions de lutte contre le cancer, elles,  sont officiellement avancées pour expliquer sa démarche.  C'est le côté  lumineux  du personnage, mais qui ne peut faire oublier les aspects plus sombres du phénomène Lance Armstrong : son arrogance, son fonctionnement de robot. Il faut tout de même rappeler qu'il a été convaincu de dopage comme l'avait démontré L'Equipe, le grand journal sportif français, même si les tests EPO de l'époque n'avaient jamais pu être utilisés en raison de controverses juridiques".

Partira, partira pas ?

En ce qui concerne  les coureurs belges engagés sur ce Tour -une dizaine en tout- il y a évidemment le cas Tom Boonen, déjà présent à Monaco même si sa participation définitive est encore suspendue à la décision du tribunal arbitral du sport, qui doit rendre son verdict cet après-midi.  A-t-il réellement des chances de participer, ou cela ressemble-t-il davantage à un baroud d'honneur ? "Très difficile à dire", répond Sébastien Georis. "Les avocats de Tom Boonen suspectaient la cour arbitrale de ne pas être totalement indépendante car c'est un organe très franco-français, et que certains arbitres  -qui ne siègeront certes pas dans l'affaire Boonen- ont partie liée avec l'organisateur du Tour,  ASO . C'est pourquoi les avocats de l'équipe Quick Step s'étaient d'abord tournés vers le tribunal de grande instance de Nanterre, qui s'est déclaré incompétent. Mais donner un pronostic ce matin, c'est vraiment très difficile".

Mais alors les chances des autres Belges ? "Si on enlève Boonen, on enlève toutes les chances de victoire au sprint, puisqu'il est le seul sprinter parmi les coureurs belges. Il faut alors compter sur des baroudeurs, et on pense à Stijn Devolder, l'équipier de Boonen. Puis il y a la carte Maxime Monfort, qui a l'ambition sans doute d'une victoire d'étape, ou encore Sébastien Rosseler. Mais pas mal de coureurs seront d'abord des équipiers. Attention toutefois à Frédéric Willems, dans la formation italienne Liquigas, qui aura un rôle libre. Puis il y a toute la formation Silence Lotto dont le rôle premier sera d'épauler Cadel Evans mais dont certains membres pourraient vouloir jouer leur carte".

Un Tour intense, du début à la fin

C'est un Tour assez particulier qui s'élancera demain de Monaco. Quelles sont les étapes-clés? "Finalement il n'y a que trois arrivées au sommet", relève Sébastien Georis. "Il y déjà l'étape d'Andorre vendredi prochain  puis l'étape de Verbiers et enfin le Ventoux à la veille de l'arrivée à Paris. Mais ce qui est pratiquement du jamais vu, plutôt que la difficulté intrinsèque des étapes, c'est l'amplitude, l'intensité de l'effort à soutenir.  Il y a pratiquement quinze jours entre la première étape de montage et celle du Ventoux. Mais déjà le contre-la-montre à Monaco  sera une étape-clé en ce qui concerne les favoris. Il faudra être performant tout le temps, du début à la fin. Et puis autre nouveauté cette année : il y aura aussi deux étapes sans oreillette, dont une dans les Vosges. Il faudra donc être très attentif sur les 21 étapes et les 3 459 km de ce Tour de France".

Moins de dopage cette année?

Un mot encore sur le dopage. Chaque année des cas sont découverts, qui sont extrêmement suivis par la presse. Faut-il s'attendre à la même chose cette année ? Sébastien Georis se veut nuancé. "Plus propre, le peloton l'est sans doute aujourd'hui dans son ensemble même si  -ne soyons pas naïfs !- certains coureurs passent encore entre les mailles du filet. Mille contrôle avant, pendant et après le Tour ont été et seront organisés. Mais le plus important c'est la qualité des contrôles. Et à ce sujet, on annonce de nouvelles techniques de détection".

T. Nagant

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