Un Tibétain de 14 ans s'immole après l'investiture de Xi Jingping, le 73e en un an

Le 17 juillet 2012, le jeune Lobsang Lozin, 18 ans, du monastère de Kirti, s'immolait par le feu
Le 17 juillet 2012, le jeune Lobsang Lozin, 18 ans, du monastère de Kirti, s'immolait par le feu - © AFP PHOTO / KIRTI MONASTRY

Un adolescent tibétain âgé de 14 ans s'est immolé par le feu jeudi dans une région tibétaine annexée par la Chine, quelques minutes après l'annonce de la nomination de Xi Jinping comme numéro un du régime communiste chinois, a annoncé l'agence Chine nouvelle, citant des responsables locaux. L'appel à la délation des autorités ne porte manifestement pas ses fruits.

Le jeune Karpongya s'est transformé en torche humaine à environ 12H10 à Gartse, dans le district de Tongren de la province du Qinghai, selon l'agence officielle chinoise.

Cette immolation fait suite à celle de deux autres Tibétains dans le même district lundi.

Mercredi, des milliers de Tibétains se sont rassemblées à Tongren pour prier pour les deux hommes, a rapporté l'ONG International Campaign for Tibet.

Les immolations de Tibétains se sont multipliées ces dernières semaines à l'approche du congrès du Parti communiste, à l'issue duquel la Chine s'est dotée jeudi de nouveaux dirigeants.

Le premier d'entre eux, Xi Jinping, a prononcé sa première allocution télévisée quelques minutes avant l'immolation du jeune Karpongya.

Un phénomène que rien n'enraye, déjà 54 décès

Avant ces trois immolations survenues dans cette région depuis le début de la semaine, 69 personnes se sont immolées par le feu ou ont tenté de le faire depuis le début de mars 2011 dans les zones tibétaines devenues chinoises, selon le gouvernement tibétain en exil en Inde.

Cette source précise que 54 personnes sont mortes après s'être transformées en torches humaines.

Pour lutter contre le phénomène, les autorités chinoises offrent à présent une récompense de 8000 dollars à toute personne qui dénoncerait un "candidat à l'immolation". Des affiches sont apparues par exemple dans le district de Kanlho. La récompense offerte est considérable, mais elle n'a pas enrayé le mouvement de protestation. C'est le jeune âge des candidats au supplice qui frappe les esprits, et qui inquiète les autorités incapables de maîtriser le phénomène.

S'attaquer aux causes du phénomène, non au phénomène lui-même

Le gouvernement tibétain en exil se garde de transformer les jeunes suppliciés en héros de la cause tibétaine, appelant même à l'arrêt des immolations. Mais le dalaï lama, le leader spirituel réfugié en Inde, critique les autorités chinoises qui préfèrent tenter de combattre le phénomène plutôt que de s'attaquer à ses causes.

La Chine, qui occupe le Tibet depuis 1949, affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

RTBF avec Belga

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