Un tapis de fleurs aux couleurs du Mexique sur la Grand-Place

C’est l’un des évènements marquants de l’été à Bruxelles. Une année sur deux, la Grand-Place se pare de centaines de milliers de fleurs, savamment disposées pour constituer un impressionnant tapis de fleurs. L’œuvre est éphémère et n’est visible que quelques jours à partir du 16 août. Cette année, le tapis s’inspire, pour ses motifs, du Mexique et de la région du Guanajuato qui connaît, elle aussi, une tradition de tapis de grandes dimensions.

 

Pas moins de 500.000 fleurs réparties sur un rectangle de 75 mètres sur 24, soit 1800 mètres carrés, c’est un puzzle gigantesque que les bénévoles doivent achever d’assembler pour le jeudi 16 août à midi.  Ensuite, ce sera au public d’admirer l’œuvre jusqu’au 19 août.

Traditionnellement, le tapis de fleurs s’installe, sur la Grand-Place, tous les deux ans. Cette année, il prend des couleurs d’Amérique latine car les organisateurs ont choisi de mettre à l’honneur le Mexique et, plus particulièrement, l’Etat du Guanajuato et la ville d’Uriangato, où la création de tapis est aussi une tradition. Chaque année des festivités sont organisées à Uriangato, à l’occasion desquelles les habitants décorent les rues sur plusieurs kilomètres en étalant de petits tapis de sciure colorée.  A Uriangato, cette manifestation se déroule en l’honneur de l’archange Saint-Michel, le saint-patron de la ville, un archange que les Mexicains d’Uriangato partagent donc avec les Bruxellois. Cela explique d’ailleurs que les deux villes, belge et mexicaine, soient proches depuis de nombreuses années.

Un puzzle de 1800 mètres carrés

C’est une artiste mexicaine, la graphiste Ana Rosa Aguilar, originaire d’Uriangato, qui a conçu l’ébauche du tapis.  Dans son dessin, elle a intégré de nombreux symboles typiques, des éléments naturels et des motifs issus de la culture traditionnelle du Guanajuato. L’ensemble qu’elle a conçu est composé des couleurs rouge-brun caractéristiques de la région.

L’élément central est un oiseau typique de cette région du Mexique. On le retrouve là-bas sur de nombreuses broderies.  Il est entouré de fleurs qui représentent la grande richesse naturelle du Mexique.  Sur le tapis de fleurs, on retrouve aussi le soleil, importante divinité des peuples de la région du Guanajuato.  Uriangato, la ville principale, signifie d’ailleurs en Purépecha " le lieu où le soleil se lève ou s’élève ".

Le liseré qui borde le tapis représente les peuples du Mexique. Figurent aussi parmi les motifs du tapis les emblèmes du gouvernement de Guanajuato et de Bruxelles ainsi que des représentations de Saint-Michel, patron de Bruxelles et d’Uriangato.

Ce dessin initial de l’artiste mexicaine a dû être retravaillé, adapté pour être reproduit à l’aide de fleurs. C’est Mark Schautteet, créateur attitré du Tapis de Fleurs de Bruxelles, qui a converti le schéma initial en une composition florale grandeur nature.  Il s’agissait pour lui d’imaginer quelles fleurs devraient être disposées à quel endroit et surtout, en quelle quantité.

Selon les concepteurs du projet, le tapis "2018", très détaillé, est l’œuvre la plus complexe jamais réalisée depuis le tout premier Tapis de Fleurs édité en 1971.

Surtout des bégonias, mais pas seulement…

Pour remplir les 1800 mètres carrés de l’œuvre florale, ce sont principalement des bégonias qui sont choisis mais on trouve aussi des dahlias, des graminées et des écorces.  Les fleurs sont produites par les horticulteurs de la région gantoise. Pour eux, la préparation du tapis débute de nombreux mois avant.  Il leur faut en effet un certain laps de temps pour mettre en production les nombreuses fleurs nécessaires à la confection de l’œuvre.

Pour les horticulteurs gantois, cueillir des fleurs de bégonias pour confectionner des tapis floraux est une activité secondaire. Les fleurs ont une très faible valeur commerciale.  La confection de tapis de fleurs permet de promouvoir la plante.

En réalité, ce qui intéresse ces horticulteurs, ce sont les tubercules que la plante produit et qui peuvent être récoltés, comme les pommes de terre, à l’automne.  Ils peuvent ensuite être revendus aux jardiniers et amateurs de bégonias qui les replanteront au printemps.  

Alors, pendant l’été, les horticulteurs passent quelques jours à cueillir les fleurs pour le plaisir des yeux des amateurs de tapis de fleurs.  Cela fait sert aussi d’opération de promotion du Bégonia auprès d’éventuels futurs acheteurs de tubercules.   Dans le cas du tapis de la Grand-Place de Bruxelles, la cueillette débute deux jours avant l’ouverture du tapis au public.  Pour l’édition 2018, il s’agissait de rassembler500.000 fleurs. 

La veille de l’ouverture au public, les fleurs sont acheminées à Bruxelles. Et durant la matinée précédent l’ouverture officielles, près de cent bénévoles posent les pièces de l’énorme puzzle floral, en moins de huit heures.  Cette année, des artisans de tapis mexicains et d’autres pays renforcent l’équipe des bénévoles belges.

En quête d’une reconnaissance de l’Unesco

L’édition 2018 coïncide aussi avec le vingtième anniversaire de l’inscription de la Grand-Place de Bruxelles au patrimoine mondial de l’Unesco.  A cette occasion, les organisateurs du Tapis de fleurs de Bruxelles ont invité la " Comisión Gestora Internacional de Alfombristas de Arte Efímero ".

Cette organisation internationale réunit les artistes de tapis de fleurs du monde entier.  La commission représente et défend le travail d’artistes qui réalisent des œuvres éphémères à l’aide de fleurs mais aussi d’autres matériaux, sciure, sel, sable etc.

Par sa présence à Bruxelles, la commission rappelle qu’elle veut introduire un dossier afin d’inscrire cette forme d’art sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’Unesco.  Une manière d’offrir aux artistes de tapis de fleurs une plus grande reconnaissance.

 

 

 

 

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