"Un suicide c'est une chose incompréhensible pour un pilote"

"Un suicide c'est une chose incompréhensible pour un pilote"
"Un suicide c'est une chose incompréhensible pour un pilote" - © Tous droits réservés

Behrouz Shahabpour, commandant de bord, s’est exprimé à propos du comportement du copilote responsable selon les enquêteurs d’avoir volontairement provoqué la descente de l’avion. "C’est effroyable" et pourtant plausible, alors aujourd’hui, quelles sont les priorités ? Que faut-il faire pour éviter ce genre de catastrophe ?

"La première priorité, qui aurait déjà dû être prise depuis longtemps, après ce qui s’est passé il y a moins d’un an avec Ethiopian mais où là, l’avion s'était posé, c’est modifier cette porte de cockpit." L’avion Ethiopian Airlines avait en effet été détourné par le copilote avec le commandant en dehors du cockpit "Heureusement il n’y avait pas eu 150 tués et on n’avait pas jugé utile de prendre des mesures drastiques."

Renforcer les mesures

Le copilote avait 28 ans, il avait été engagé par la compagnie en 2013. De quoi poser la question : faut-il alors renforcer les mesures de contrôle ? Renforcer les critères d’embauche ? "La plupart des grandes compagnies appliquent déjà des critères strictes", explique le pilote. "Il y a des tests psychotechniques, des entretiens psychologiques, de la dynamique de groupe."

Le problème est que vu le nombre de compagnies aériennes qui se développent, ces tests se font des plus en plus rares : "Mais il y a déjà un problème à la base, c’est qu’il n'y a aucune uniformisation ni à la sélection ni après. C’est-à-dire que, malgré les règles européennes, une compagnie aérienne peut commencer avec deux avions sans aucun contrôle du moment que l’administration aéronautique du pays lui accorde l’autorisation d’opérer."

Pour le pilote il faudrait imposer un filtre, une procédure beaucoup plus stricte qu'actuellement.

Thèse du suicide

"Un suicide, c’est une chose incompréhensible pour un pilote, dans le sens où l’on fait tout notre possible pour améliorer chaque jour la sécurité aérienne. Nous sommes journellement soumis à des problèmes, que ce soit des attentats à la bombe ou autres. Si maintenant il y a cet élément en plus, un danger qui émane du cockpit même, c’est encore une dimension supplémentaire." Pour le pilote, il est réellement temps maintenant de prendre des mesures sérieuses pour éviter que cela puisse se reproduire à nouveau.

L’enquête se poursuit en Allemagne notamment pour comprendre qui est ce copilote, Andreas Lubitz, âgé de 28 ans et l'origine de ses actes.

RTBF

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