Un satellite météorologique pour étudier la qualité de l'air et le climat est lancé ce mardi

Le module Metop-C
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Le module Metop-C - © Genevieve Porter (ESA)

Cette nuit, en Guyane, une fusée décollera pour mettre en orbite un satellite météorologique. A l'intérieur, se trouve un nouveau sondeur atmosphérique, appelé Metop-C. C'est le troisième et dernier instrument d'un programme scientifique qui a pour but de comprendre comment les activités humaines affectent la qualité de l'air et le climat. 

Les deux premiers satellites permettaient déjà de surveiller les pics de pollution en ville ou encore d'alerter les avions lors d'éruptions volcaniques. 

Est-ce que la qualité de l'air s'améliore ou se détériore dans les différentes régions du globe ?

Selon Pierre Coheur, professeur à l'ULB au département de Chimie et l'un des douze chercheurs du projet, ce troisième satellite permettra encore plus de précision. "Pendant tout un moment, nous aurons trois satellites en même temps autour de la Terre. Nous aurons donc une couverture du globe qui sera sans précédent. Un autre aspect, peut-être plus intéressant, c'est que nous pourrons avoir quinze années de mesure de la composition atmosphérique et donc regarder comment l'atmosphère évolue dans le temps", affirme-t-il. "Par exemple : est-ce que la qualité de l'air s'améliore ou se détériore dans les différentes régions du globe ? Est-ce que c'est différent d'une région à l'autre ? Comment le climat affecte-t-il la composition atmosphérique ? Ce sont d'autres questions auxquelles nous pourrons vraiment nous attacher maintenant", lance Pierre Coheur avec enthousiasme.

Cartographier l'ammoniac, un polluant lié à l'agriculture intensive

L'ammoniac est l'un des polluants que les satellites permettent de cartographier, et environ 400 sources ont déjà été identifiées. "Nous travaillons maintenant depuis à peu près dix ans sur les mesures de l'ammoniac, qui est un composé que l'on ne pensait pas pouvoir mesurer et qui est émis principalement par les activités agricoles", explique le chercheur.

Metop-C permettra de surveiller plusieurs fois par jour tous les point du globe et les données seront disponibles moins de deux heures après le passage du satellite. Des données qui s'élèveront à plus de trois millions chaque jour. Une prochaine mission est déjà prévue pour 2022.

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