Un réseau social dédié aux défunts et à leur mémoire

Les faire-parts de décès, les registres de condoléances font légion sur Internet. Le secteur est porteur et innove. Une entreprise de Flandre occidentale a décidé de surfer sur la vague et lance un réseau social destiné aux défunts et à leurs proches. A l'image de Facebook, la plate-forme appelée Elysway accueille de nombreux profils, de personnes décédées (appelées "étoiles") et de proches (appelés "anges"). Le vocabulaire est donc adapté. On ne "like" pas comme sur Facebook, on "compatit".

Ainsi, les proches peuvent poster des messages sur le profil du défunt, partager des souvenirs et poster des photos. Face aux défenseurs du respect de la vie privée, le fondateur du projet, Filip Troch, répond : "on ne voit pas un défilé de gens décédés. Si on crée une page pour la personne qui est décédée, on peut partager le profil du défunt avec la famille ou des connaissances. Mais les personnes extérieures peuvent seulement voir le nom de la personne décédée et cela s'arrête là. Mais si elles veulent accéder à d'autres informations, si elles veulent participer au deuil de la famille et se recueillir en postant un message, elles doivent demander l'autorisation au créateur de la page".

Comme Facebook, le site est gratuit. Il est financé grâce aux quelques publicités ciblées qui parsèment la plate-forme. "Une autre particularité, les gens peuvent s'exprimer 24h sur 24h dans toute l'Europe, pas seulement en Belgique. C'est pour ça que l'on a traduit le site en cinq langues. Le deuil, c'est universel".

Donner une nouvelle vie numérique au défunt n'est-ce pas un peu glauque ?

"On ne veut pas créer une atmosphère morbide. On veut donner quelque chose de plus gai, quelque chose de plus interactif. On veut garder les bons souvenirs du défunt, on aura l'impression de le garder un peu avec nous. Le but est de créer un nouvel horizon davantage positif, malheureusement dans une situation que tout le monde a déjà vécu", déclare Filip Troch.

Des codes-barres sur les tombes

Le concept va même plus loin. Bientôt, figureront sur la tombe d’un défunt non seulement son nom et sa date de naissance et de décès mais également un code-barre. La famille pourra coller ce code sur la sépulture. Une application pour smartphone permettra alors d’accéder sur Internet au profil du défunt et à sa biographie. "L'idée, c'est de ramener les jeunes dans les cimetières. Peut-être qu'ils seront plus intéressés par l'histoire du défunt s'ils peuvent la lire en direct, dans le cimetière". La commune de Courtrai teste déjà le système, dans l'un de ses lieux de recueillement. Le créateur, Filip Troch envisage de développer également son réseau social pour défunts en Wallonie et à Bruxelles.

Marie Berckvens

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