Un réfugié sur deux obtient un emploi après avoir été reconnu

les réfugiés et l'emploi
les réfugiés et l'emploi - © RTBF

Contrairement à ce que pensent certaines personnes, tous les réfugiés ne dépendent pas des allocations sociales. Loin de là... Selon une étude menée par l'ULB et la KUL, quatre ans après avoir obtenu leur statut de réfugié, 55% d'entre eux se retrouvent sur le marché du travail. Ce score tend à se rapprocher de celui de la moyenne de la population belge, à savoir 65 %.

Patricia illustre bien cette recherche. Elle est arrivée du Cameroun à l'âge de 20 ans. Après trois mois, elle a obtenu son statut de réfugié. Grâce à l'ASBL "Convivial", elle a trouvé un logement à Bruxelles et ensuite elle s'est lancée dans des formations; d'abord comme commis de cuisine. Elle a travaillé dans un hôpital. L'institution n'ayant plus les moyens de la payer, elle a été licenciée.

Elle ne s'est pas découragée et a suivi une formation à Dixmude; ce qui lui imposait de se lever à quatre heures du matin. Après trois mois, elle a décroché un stage dans le département viande du groupe Colruyt et sera engagée dans la foulée : "Le revenu que je gagne me permet de vivre, de me loger, m'habiller et d'aider aussi ceux dans le besoin".

Le parcours d'intégration

Le sociologue Andrea Rea, co-promoteur de la recherche, estime que les chiffres résultant de l'enquête sont encourageants : "Le chemin est long, sinueux mais ce qui important, c'est de voir que le temps joue un élément central pour que ces personnes puissent rentrer sur le marché du travail et contribuer à l'économie de la Belgique". Selon l'étude, l'insertion professionnelle est plus forte en Flandre pas uniquement due à l'offre du travail plus importante dans le nord du pays. Mais peut-être aussi grâce à l'instauration depuis quelques années d'un parcours d'intégration pour les primo-arrivants ; du côté francophone, l'expérience vient de se mettre en place.

Convivial, un exemple à suivre

L'ASBL Convivial, située à Bruxelles, propose aux réfugiés un parcours d'intégration depuis de nombreuses années. Le directeur, Bruno Gilain, nous explique quelques objectifs de Convivial: "Nous proposons aux réfugiés, une fois qu'ils sont installés, logés, en ordre avec leurs démarches administratives, une réflexion sur leur avenir en Belgique. On fait un bilan de leurs expériences, leurs compétences acquises dans le pays d'origine et puis on voit avec eux comment ils peuvent se projeter dans une formation, un emploi à la fois ambitieux et réaliste". 

Un peu plus de la moitié des personnes qui se présentent à Convivial ne parlent pas le français; la première chose est de leur suggérer de suivre une formation dans une des langues du pays. Parallèlement, des cours d'orientation sociale et citoyenne sont aussi proposés en français et en arabe. Pour Kabou Kante, un Ivoirien qui est arrivé en Belgique à l'âge de 16 ans, cette formation est indispensable: "Quand tu arrives dans un pays dont tu ne connais pas la culture, tu dois t'intégrer, tu dois comprendre comment vivent les citoyens belges, comment fonctionnent les institutions...".  Kabou travaille comme commis de cuisine dans un restaurant bruxellois depuis deux ans et demi et, comme Patricia, réfugiée camerounaise, il est fier d'avoir un contrat à durée indéterminée et de ne pas dépendre de l'État belge.

Dominique Burge

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