Un professeur de religion islamique raconte son quotidien dans un livre

"Les questions que se posent les jeunes sur l'Islam" - Hicham Abdel Gawad
"Les questions que se posent les jeunes sur l'Islam" - Hicham Abdel Gawad - © RTBF

Face à des élèves qui, parfois, prennent au mot ce qui se trouve dans le Coran, Hicham Abdel Gawad les pousse à la réflexion et tente de déconstruire leurs idées préconçues. Mais il estime que les outils dont disposent les professeurs sont insuffisants.

"Les infidèles vont-ils en enfer ?" C'est à ce genre d'interpellations que le professeur de religion islamique a dû faire face. Hicham Abdel Gawad, ancien salafiste, est depuis diplômé de l'ULB et de l’UCL. Il a passé quatre ans dans une école à discrimination positive où aucune question ne lui a été épargnée. L’une des plus fréquemment posée étant : "Dieu dans le Coran, dit qu'un homme peut frapper sa femme ?".  

Dans ce genre cas, le professeur explique qu’il cherche à sortir du débat, et à cette question précise, il préfère comparer avec ses élèves, le statut d’une femme arabe au VIIème siècle à celui d’une Belge à notre époque. "Une femme en Belgique au XXIème siècle est d’abord une adulte responsable et autonome. Dans l’Arabie du VIIème siècle une femme n’est jamais adulte", expliquera-t-il à ses élèves.

Développer l’esprit critique

Hicham Abdel Gawad recontextualise les écrits coraniques et pousse ses élèves à développer un esprit critique. "Parfois, ça fonctionne, parfois pas", reconnait-il. Mais selon lui, les professeurs n'ont pas les outils nécessaires.

Ils doivent s'en tenir à un programme de 35 pages rédigé il y plus de quinze ans par l'Exécutif des Musulmans de Belgique. "En tant qu’intellectuel, certaines choses me heurtent. Quand on me demande d’expliquer par exemple que le Big Bang est dans le Coran, on demande d’expliquer le miracle scientifique du Coran et je ne me vois pas faire faire ça. C’est complètement illogique du point de vue de l’histoire de la pensée."

Trop peu d’inspecteurs

Un référentiel plus récent existe mais ne parle, lui, que de compétences. Du côté de l'inspection, on reconnait un programme inadapté même si on dit travailler à son amélioration. Mais il faut aussi faire face au manque d’effectifs. Selon Mostafa El Hassani, inspecteur de religion islamique, il ne sont que trois en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Il est matériellement difficile d’être présent partout. Je ne connais pas la moitié des écoles, de mes zones d’inspection", précise-t-il.

Hicham Abdel Gawad a donc décidé de développer une pédagogie propre et souligne l'urgence que les intellectuels musulmans prennent leurs responsabilités, avec comme unique but de réenvisager l'enseignement de la religion islamique pour mieux former les jeunes musulmans de demain.

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