Un premier vaccin contre le coronavirus pourrait être validé "encore cette année", selon le directeur adjoint de l’Agence européenne des Médicaments

Après les annonces positives de Pfizer concernant son vaccin contre le coronavirus, tous les regards vont se tourner vers l’EMA, l’Agence européenne des Médicaments, qui devra donner son feu vert. C’est cette agence qui doit donner son autorisation de mise sur le marché des vaccins contre le Covid-19.

Au sein de l’agence, un Belge joue un rôle clé. Noël Wathion y est directeur adjoint, et président du comité directeur du Covid-19. Il était l’invité de "Matin Première" ce jeudi.

L’Agence européenne des médicaments doit décider quels seront les vaccins suffisamment sûrs et efficaces pour des centaines de millions d’Européens. Nous aurons probablement accès à une panoplie de vaccins pour lutter contre la pandémie. Le Belge est-il optimiste ? Quand peut-on espérer voir débarquer les premiers lots en Europe ?

L’annonce de Pfizer, "une bonne nouvelle" mais des éclaircissements sont encore nécessaires

Concernant l’annonce de Pfizer en début de semaine d’avoir entre les mains un vaccin efficace à 90%, Noël Wathion a expliqué qu’ils ne savaient "pas vraiment à quoi s’attendre en ce qui concerne le pourcentage d’efficacité des vaccins Covid". Pour lui, cette annonce d’un taux d’efficacité est une "bonne nouvelle" mais qui nécessite des remarques.


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Le Belge pointe cependant que ces analyses ne sont le fruit que d’une "étape intermédiaire" et l’analyse complète n’est pas encore disponible. "On n’a qu’une annonce d’une firme pharmaceutique, on n’a pas encore ces données" même si la firme a promis à l’EMA de lui fournir les données en question "dans les jours à venir".

Par ailleurs, il estime également qu’il y a encore d’autres données scientifiques qui doivent encore être communiquées par Pfizer, notamment concernant l’innocuité du vaccin, c’est-à-dire la démonstration de sa non-nocivité pour l’être humain.

Vers une validation accélérée "sans compromettre la qualité de notre évaluation scientifique"

S’il répond aux normes européennes, dans quels délais ce vaccin pourrait-il être validé ? Un processus accéléré évalue les données dès qu’elles sont disponibles, ce qui permet donc "de gagner du temps sans compromettre la qualité de notre évaluation scientifique". Noël Wathion assure que cette procédure plus rapide "ne change rien en ce qui concerne les standards qu’on utilise pour démontrer la qualité, l’innocuité et l’efficacité d’un vaccin".

Il y a par ailleurs deux procédures séparées du côté de l’Union européenne, la procédure commerciale menée par la Commission européenne d’un côté et la procédure scientifique de l’autre. "Il n’y a aucune interaction entre les deux", estime le président du comité directeur du Covid-19 au sein de l’EMA. Un contrat signé par la Commission ne veut donc pas nécessairement dire que l’Agence donnera son autorisation. "On est complètement indépendants", ajoute Noël Wathion.

Pas de "guerre des vaccins" entre Etats membres en vue

Dans ce dossier, c’est donc la Commission européenne qui a pris la main en négociant des contrats de précommande de dizaines de millions de doses de vaccins avec les États membres et les différentes firmes pharmaceutiques lancées dans la course à la production d’un vaccin contre le Covid-19. "Une très bonne initiative", selon Noël Wathion.

On a besoin de beaucoup de vaccins et beaucoup de doses pour vacciner toutes la population

Le Belge estime qu’il faut tenir compte du fait que nous ne savons pas actuellement de combien de vaccins l’UE aura besoin au total. "Même pour ce vaccin de Pfizer-BioNTech, on sait qu’on a besoin de deux doses et on ne sait pas si on doit vacciner chaque année, ou pas, ces données ne sont pas encore disponibles". Il juge donc qu'"on a besoin de beaucoup de vaccins et beaucoup de doses pour vacciner toute la population donc je ne crois pas qu’il y aura une guerre car les Etats membre peuvent aller au-delà et acheter un vaccin pour lequel la Commission n’a pas encore conclu de contrat d’achat".

Il y aura donc une panoplie de vaccins différents qui devront être validés mais ensuite chaque pays pourra faire son marché, en fonction de ses besoins et de sa population mais aussi des propriétés spécifiques de chacun d’entre eux qui sera validé par l’EMA.

Un premier avis favorable de l’EMA possible "en début d’année prochaine" voire "encore cette année"

A la question de savoir quand l’Agence européenne des Médicaments pourrait donner son feu vert à un premier vaccin en Europe, Noël Wathion indique qu’on ne peut pas exclure que pour les premiers vaccins, "on aura déjà un avis favorable au début de l’année prochaine, même avant la fin de cette année-ci, comme cadeau de Noël, c’est possible. Mais ça dépend encore une fois de quand on recevra les données scientifiques".

Une fois les premières autorisations accordées par l’agence, avec des premiers avis potentiellement favorables dans les premières semaines de 2021, les campagnes de vaccination vont pouvoir débuter dans chaque Etat membre de l’UE.

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