Du poisson-chat à la place de la sole: un poisson sur cinq est mal étiqueté

De la baleine plutôt que du thon rouge dans vos sushis ?
De la baleine plutôt que du thon rouge dans vos sushis ? - © AFP

Quel poisson avez-vous vraiment dans votre assiette ? Un rapport d’Oceana tire la sonnette d’alarme. L’ONG de défense des océans a réalisé 200 études dans 55 pays dont la Belgique (voir carte ci-dessous). Le résultat est tel que parmi tous les poissons et fruits de mer, un sur cinq est mal étiqueté, ce qui constitue une fraude.

Et le poisson le plus frauduleux est….le pangasius, autrement dit le poisson-chat. Il s’agit de l’espèce la plus substituée, elle prend le nom de 18 autres poissons différents dont la perche, le mérou et la sole. 

Des sushis à la baleine 

Dans un restaurant en Californie (Santa Monica), les chefs préparaient des sushis au thon... qui s'est révélé être de la baleine. 

Autre exemple, en Italie, 82% des 200 échantillons de mérou, perche et espadon étaient mal étiquetés et près de 50% des poissons de substitutions étaient des espèces menacées. 

Dans les restaurants testés à Bruxelles, 98% des 69 plats de thon rouge testés n'en étaient pas. 

Quelle stratégie derrière cet étiquetage frauduleux ? 

Dans son rapport, l'ONG Oceana indique que 65% des études montrent que le mauvais étiquetage trouve une motivation économique. En effet, remplacer de la perche par du pangasus revient moins cher. 

Toujours selon le rapport, 58% des échantillons mal étiquetés pourraient entraîner des risques pour la santé de certains consommateurs. 

Et bien logiquement, les consommateurs continuent d'être trompés, comme l'explique la directrice de campagne de l'ONG, Beth Lowell : "sans le suivi de tous les produits de la mer, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, les consommateurs continueront à être trompés, les honnêtes pêcheurs qui travaillent dur seront toujours sous-payés, et la productivité à long terme de nos océans sera toujours en danger. Il est clair que la fraude aux produits de la mer ne respecte aucune frontière. Le chemin entre le bâteau de pêche ou la ferme et nos assiettes est long, complexe et non transparent, en proie à des opportunités de fraude et de mauvais étiquetage ". 

Une bonne nouvelle 

Selon Oceana, les mesures prises par l'Union européenne pour contrer cette fraude semblent être efficaces. En effet, le taux de produits frauduleux est passé de 23% en 2011 à 8% en 2015. 

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