Le gouvernement fédéral débloque 1,6 million d'euros pour sauver les abeilles

Un plan fédéral pour sauver les abeilles ! Le gouvernement a mobilisé pas moins de 3 ministres pour sauver le précieux insecte. Sans lui, 80 % des plantes et légumes de la planète ne pourraient être pollinisées. Aujourd’hui, avec encore 30 % de mortalité l'hiver dernier, l'abeille est clairement menacée. D'où une série de mesure pour accompagner les apiculteurs et un budget d’1,6 million d'euros pour doper la recherche sur les causes de la mortalité de l'abeille

Une véritable hécatombe

Il y a d'abord ce constat posé par Kim N,’Guyen, chercheur à l’ULG et fondateur de Beeodiversity, une société entrepreneuriat social spécialisée en apiculture : "Sur 100 000 essaims recensés en Belgique aujourd’hui, la moitié meurent chaque année. Et chaque année, animés par la passion, les 10 000 apiculteurs du pays dépensent beaucoup d’argent et d’énergie pour recréer de nouvelles ruches. Et si globalement le nombre d’abeille est en augmentation, c’est une situation tout à fait artificielle qui ne va pas durer éternellement."

D'où la nécessité de présenter un plan d'urgence avec quatre objectifs

  • Accompagner les apiculteurs;
  • Mieux comprendre les causes profondes de la mortalité des abeilles;
  • Maîtriser les risques;
  • Mobiliser tous les acteurs concernés.

Des mesures concrètes

Et pour y parvenir le plan propose 8 mesures très concrètes à mettre en œuvre dans les deux ans. Première mesure : renforcer le rôle des vétérinaires en leur confiant une mission de guidance des apiculteurs notamment sur une des principales causes de mortalité : la varoase : cet acarien apparu dans les années 80 en Europe, s’installe au cœur de la ruche et s’attaque aux larves. En moins de 3 ans, toute une colonie peut disparaître à cause de ce fléau.

Des chercheurs ont identifié une espèce d’abeille qui est sensible à la varoase et qui serait capable de l’éjecter de la ruche. L’action du vétérinaire qui va suivre l’évolution des essaims très régulièrement pour détecter les problèmes va permettre de localiser très vite les problèmes de lancer des alertes et d’alimenter les banques de données sur lesquelles travaillent d’autres chercheurs qui eux, tentent de mieux comprendre les facteurs de mortalité.

Un budget spécifique de 100 000 euros est d’ailleurs prévu pour financer la guidance à raison de 75 euros pour l’apiculteur qui adhère à la démarche. Et autre mesure concrète l’amélioration de la disponibilité des produits vétérinaires à travers la suppression de la redevance de mise sur le marché des médicaments apicoles.

Et les pesticides aussi

Autre menace grave : les pesticides à base de néonicotinoïdes. Willy Borsus ministre fédéral de l'agriculture attend un rapport européen qui devrait déboucher sur une nouvelle réglementation. "Mais d’ici là, on peut déjà prendre des mesures de réglementation à notre niveau : par exemple mieux gérer les modes d’utilisation des pesticides. Ne pas les épandre aux heures de pleine activité des abeilles. Ce sont des petites mesures mais qui pourraient avoir un réel impact sur leur survie. Un budget d'1,6 millions d'euros est prévu pour soutenir d'autres mesures d'aide à la recherche pour mieux mesurer les effets des produits phytopharmaceutiques, pour mieux combattre les espèces invasives et plus généralement pour mieux connaître les causes de la mortalité et les moyens de la combattre."

Et le ministre de conclure : "Toutes les autorités concernées et tous les apiculteurs doivent se mobiliser pour sauver plus qu’un insecte mais tout simplement la chaîne alimentaire."

Les explications du ministre Borsus au micro de Thierry Vangulick

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