Un plan de reconstruction wallon entravé par une pénurie de main-d’œuvre et de matériaux

Face aux inondations de cet été, la Wallonie a annoncé un plan d’aide et de reconstruction de deux milliards et demi d’euros. Le chiffre est colossal tout comme le défi à relever pour le secteur de la construction qui tire la sonnette d’alarme. Car ce plan de reconstruction se heurte à un sérieux manque de main-d’œuvre et à des problèmes d’approvisionnement en matières premières dus au Covid-19.

Reconstruire tout ce qui a été détruit et endommagé lors des inondations de la mi-juillet, voilà l’ambition de la région wallonne. Mais pour cela, le secteur de la construction a besoin de main-d’œuvre. Or les entreprises en manquent cruellement. C’est le cas à Aubel, en province de Liège où l’on cherche à recruter une dizaine d’employés.

"On est une entreprise générale, se présente Marc Bonten. Je peux dire que chez nous, il manque des chauffeurs de camion, des opérateurs pour les machines, des maçons, des coffreurs. Pourquoi ? Il y a trop peu de jeunes qui rentrent dans la construction. Je pense qu’on a trop peu valorisé les métiers manuels."

Salaire et matériaux

S’ajoute l’importance de valoriser les salaires des employés. "Ils touchent entre 15 et 20 € bruts de l’heure, continue le patron d’entreprise de construction générale. La différence entre les personnes qui travaillent et celle qui bénéficient d’allocation de chômage est trop faible."

Donner l’envie, c’est ce que souhaite aussi le gouvernement wallon. Il a notamment annoncé qu’une prime de 2000 euros net sera accordée à toute personne suivant une formation dans la construction.

Mais pour reconstruire la Wallonie, il faudra aussi des matériaux, en pénurie pour le moment. Dans cette entreprise de fabrication de portes et fenêtres à Jumet, les livraisons ont chuté de 70%. Résultat : certains employés sont mis au chômage temporaire. Les prix augmentent. Et la reconstruction des habitations sinistrées pourrait bien être ralentie.

La Confédération construction demande donc de relocaliser progressivement les productions industrielles et invite le gouvernement wallon à anticiper les conséquences du réchauffement climatique. Pour le relever, d’autres pistes sont proposées au politique : comme celle de former des primo-arrivants. Et de les engager eux aussi dans cet énorme chantier pour rebâtir les 209 communes sinistrées.

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