Un permis d'urbanisme délivré pour une tiny house donne de nouvelles perspectives à l'habitat léger

C’est un pied-dans-la-porte presque une brèche qui ne se refermera pas : un permis d’urbanisme a été délivré pour une tiny house et ce sont tous les habitats légers qui entrevoient désormais une possible régularisation. Une commune wallonne, celle d’Ottignies-Louvain-la-Neuve a osé et a voulu servir d’exemple.

Bernard et Florence Dussenne habitent le Blanc-Ry dans la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Mais aujourd’hui ils ont emménagé dans leur nouvelle tiny house quelques centaines de mètres plus loin, dans l’habitat groupé du Bois del Terre : "On a connu des hauts et des bas, nous avons même parfois pensé abandonner deux fois, c’était tellement lourd mais on s’est battu et on a fini par l’avoir", explique Florence.

Les doutes ont laissé leur place au soulagement car même si le code wallon du logement a éclairci la donne pour l’habitat léger, les permis délivrés restent peu nombreux et surtout pour en faire le domicile principal. C’est la toute première fois dans la commune (voire dans toute la Région) qui avait la volonté d’y parvenir : "Notre service juridique a dû étudier et analyser tous les éléments du dossier et les évolutions du code wallon du logement pour voir si tous ces éléments nous permettaient d’autoriser ce permis et c’était le cas, justifie la bourgmestre Ecolo Julie Chantry. Nous avons inscrit l’habitat léger dans notre schéma de structure mais on attendait des demandes concrètes pour réaliser une première demande. Il fallait démontrer sur le terrain que c’est possible et aujourd’hui c’est fait".

Une ouverture et une clarification

Des règles à respecter comme le caractère démontable, déplaçable et l’absence de fondations mais aussi une tiny house installée dans une zone d’habitat et un permis provisoire de 5 ans renouvelable. Même temporaire, ce permis est une petite (r) évolution qui pourrait inspirer d’autres communes parfois frileuses face à ce type d’habitat : "Actuellement, ça reste un parcours du combattant pour en obtenir. Il y a une résistance culturelle et il y a encore un travail de formation à donner aux communes et aux fonctionnaires wallons pour des habitations qui sont économiques, écologiques", défend Vincent Wattiez, coordinateur du réseau brabançon pour le droit au logement.

Aujourd’hui quand des permis sont délivrés par les communes, ce sont souvent de permis pour des yourtes, des roulottes ou des tiny house pour un usage professionnel ou de loisir et pourtant près de 15.000 Wallons vivent aujourd’hui dans ce type d’habitat léger, souvent tolérés mais toujours inquiets de devoir plier bagage. Ce permis pourrait être la première pierre, ou plutôt la première planche, d’une évolution beaucoup favorable vers ce type domicile beaucoup plus abordable.

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