Un père de victime du harcèlement: "Le gsm, une arme qui tue nos enfants"

De tout temps, le harcèlement a existé et fait partie de la vie des jeunes. Mais les nouvelles technologies et les réseaux sociaux ont peut-être aggravé le phénomène.

Cette semaine une petite fille de 12 ans, victime notamment de harcèlement par sms, s'est suicidée

Il y a un an, la petite Louise, victime, là encore, de harcèlement par nouvelles technologies interposées, s'était elle aussi donné la mort. Son père, Bernard Altenhoven, était parmi les invités du débat des Décodeurs, ce dimanche. Il a eu une phrase très forte dès sa première intervention.

En effet, brandissant un smartphone, il n'a pas hésité à déclarer: "Il y a une chose que j'aimerais bien dire, c'est que ceci est une arme. Ceci tue nos enfants. Il faut faire de la prévention par rapport à cela. A l'école et un peu partout".

"Il faut que tout le monde se sente une part de responsabilité"

Selon ce père, dans le drame qui a frappé sa fille, c'est bien le gsm qui a été "le premier facteur". "C'est un moyen supplémentaire (de harcèlement)" qui s'est avéré déterminant dans le cas de sa petite fille. Le harcèlement commencé à l'école et prolongé sur les réseaux sociaux aura finalement été fatal à son enfant.

"On ne l'a pas vu venir. Elle a voulu le gérer, pensant pouvoir le gérer. Comme tout adolescent pense qu'il gère. Mais il ne gère rien du tout", a déclaré ce père chez qui le temps n'a pas effacé le chagrin.

Il n'en est pourtant pas à plaider pour une hypothétique fin des smartphones chez les jeunes mais appelle à les remettre à leur juste place dans une existence, auprès d'une jeunesse qui y a, semble-t-il, donné une place centrale et disproportionnée. "Je ne leur dis pas de laisser tomber le gsm, non. On ne peut pas aller contre la technologie. Mais je leur dis 'laissez-vous des espaces'". 

Au-delà des constats, les experts et témoins réunis autour de Baudouin Rémy ont lancé des pistes d'explication et de solutions en matière de prévention et de suivis des jeunes. 

Des solutions qui marchent, ça existe   

"Tout le monde doit jouer un rôle. Il faut que les parents jouent leur rôle, que les adolescents, les enfants jouent leur rôle, que les professeurs jouent leur rôle. Que tout le monde se sente une part de responsabilité", estime Florence Ringlet, du centre de prévention du suicide 'Pass dans l’impasse'. "Les jeunes ils n’attendant qu’une chose, c’est qu’on communique. Mais qu’on communique vrai : qu’on les écoute et qu’on les comprenne. Le pire qu’on puisse faire est de ne pas reconnaître" leur souffrance, précise cette thérapeute.

Des cas concrets, des solutions qui marchent, c'est ce qu'est venu présenté Pascale Maljean, directrice de l’école la Providence à Wavre. Selon elle, ce qui fonctionne, c'est de réunir un groupe d'élèves, "y compris le harceleur, où personne n'est montré du doigt", explique-t-elle.

Sans chercher à établir de responsabilités, ni à démêler ce qui s'est passé, "parce qu'à ce moment-là, on se perd", mais uniquement en exposant uniquement les "émotions", il s'agit d'amener les élèves présents à proposer eux-mêmes des petites idées qui permettent de contrer le phénomène. "Des petites choses qui doivent être mises en place très rapidement, dans les 24h ou les 48h", précise la directrice.  

A partir de là, "l'élève en souffrance, se retrouve avec des liens dans le groupe qui se récréent. le groupe bascule alors d'un fonctionnement négatif à un fonctionnement positif", décrit-elle, sur base de sa propre observation. "Chacun y retrouve sa place et cela montre aux jeunes qu'il y a des solutions, qu'ils ont du pouvoir et que chacun a une petite pierre à amener à l'édifice".

Revoyez ce débat en intégralité dans la vidéo en tête d'article

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