Un patron sur cinq souffre de maladie chronique: impact important lorsqu'il s'agit d'une petite entreprise

Un patron sur cinq souffre de maladie chronique, c’est le constat établit par l’observatoire Amarok, qui s’intéresse à la santé physique et mentale des chefs d’entreprises et indépendants. Les patrons sont eux aussi victimes de burn-out, de maladies ou encore de dépression, ce qui a des conséquences sur l’entreprise et ses employés, surtout dans les petites structures.

C’est ce qu’a vécu Henri Provost, 47 ans, qui dirige une petite société d’une quinzaine d’employés. Il y a 6 mois, il apprend qu’il était atteint d’un cancer des cordes vocales.

Un chef d’entreprise qui a un cancer continue de travailler

Mais arrêter de travailler n’était pas une option. "Je pense que j’aurais été encore plus malade, s’arrêter ça n’aurait eu aucun intérêt", explique-t-il. "Là pour un chef d’entreprise, vous avez le sang qui fait plusieurs tours et vous prenez des décisions. Un chef d’entreprise qui a un cancer continue de travailler. On fait comme au rugby, on met la tête dans les épaules. C’est tous les jours le bureau et le soir l’hôpital."

Heureusement, il a bénéficié du soutien de ses employés. "Avec les autres employés, on s’est tous serré les coudes et on s’est dit que ce n’était pas une maladie honteuse. Mais une entreprise qui demain n’a plus de chef, n’a pas forcément de copilote."

Les petites et moyennes entreprises n’ont pas toujours quelqu’un pour remplacer le patron malade, ce qui a des conséquences sur la santé financière de la société. Les patrons ont peur de la faillite et continuent donc de travailler, comme l’explique Olivier Torres, professeur à l’université de Montpellier, spécialiste de la santé en entreprise. "Dans une PME, le dirigeant étant central, s’il ne va pas au boulot, tout le système est rapidement désorganisé. Alors que dans un grand groupe, quand le numéro 1 disparaît, 48h après il est remplacé."

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