Un pas de plus vers la guérison du SIDA : des chercheurs de l'UZ Gent ont localisé le réservoir viral

Aujourd’hui, le SIDA n’est plus considéré comme une maladie mortelle, mais comme une affection chronique. Grâce aux inhibiteurs du VIH, la maladie est en effet bien contrôlée. "La médication contre le VIH a énormément évolué ces dernières années, ce qui permet aux patients qui prennent de façon très régulière 1 comprimé par jour de maintenir le virus sous contrôle durant toute leur vie. […] Le système immunitaire reste atteint. Les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer sont donc plus élevés chez les patients séropositifs", note l’UZ Gent dans un communiqué.

Un patient ne guérit pas du SIDA. Pourquoi ? Parce que le virus reste toujours présent dans le corps du patient. "On parle d’une quantité indétectable de virus et ces patients ne peuvent, par ailleurs, plus contaminer d’autres personnes. Mais il reste toujours, cependant, une toute petite quantité de virus présente dans le corps – appelée réservoir viral - ce qui provoque une réapparition massive du virus en cas d’arrêt du traitement."


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Il faudrait donc pouvoir éliminer complètement ce virus. Or, c’est pour le moment impossible puisqu’on ignore où se cache ce résidu de virus.

C’est donc un grand pas qui vient d’être franchi par des chercheurs de l’UZ Gent, le Dr Marie-Angélique De Scheerder et le prof. Dr Linos Vandekerckhove : ils ont pu localiser plus clairement ce réservoir viral, en analysant le virus présent chez onze patients volontaires, chez qui le traitement a été arrêté pendant une courte période afin de faire réapparaître le virus. “Le VIH se cache dans des cellules immunitaires spécifiques du corps et reste ainsi sous le radar. Lorsque le patient interrompt la prise d’inhibiteurs du VIH, le virus peut resurgir à partir de ces cellules et provoquer une remontée de la charge virale (=virale rebound). Notre étude a montré que, contrairement à ce que l’on pensait jusqu’ici, les cellules immunitaires qui se divisent beaucoup sont coresponsables de ce réservoir viral. Nous montrons en outre que le virale rebound ne provient pas d’un seul organe ou type de cellule spécifiques, mais peut provenir de différents types de cellules et parties du corps (comme le sang, les ganglions lymphatiques et le tissu intestinal).”

Cette découverte ouvre donc la voie à de nouvelles recherches, qui pourraient mener, un jour, à une guérison…

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