Un organisme n'a pas besoin d'autant d'énergie qu'on le pensait pour "être vivant"

Prélèvement d'échantillons de sous-sol marin
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Prélèvement d'échantillons de sous-sol marin - © Geoff Wheat, NSF OCE 1130146, and the National Deep Submergence Facility.

Des microbes vivent sous l’océan en utilisant très peu d’énergie, selon une étude internationale publiée début août dans la revue Sciences Advances. Jusqu’ici les scientifiques pensaient qu’on ne pouvait pas vivre sur Terre en dépensant si peu d’énergie. Cette découverte change donc la perception qu’on a d’un "être vivant" et repousse les limites de la vie possible sur notre planète et même ailleurs. "Quand on pense à la vie sur Terre, on a tendance à penser aux plantes, aux animaux, aux algues microscopiques et aux bactéries qui se développent à la surface de la Terre et dans ses océans. Des organismes constamment actifs, croissant et se reproduisant, explique Sandra Arndt, chercheuse au sein du Service Biogéochimie et Modélisation du Système Terre (BGeoSys) à l’ULB, l’une des auteures de l’étude.

Des micro-organismes qui ont à peine assez d’énergie pour survivre

Ici, on ne parle pas d’organismes capables d’évoluer, de se diviser, voire de se reproduire, mais bien de micro-organismes qui ont uniquement l’énergie nécessaire pour procéder à leur propre entretien, voire à l’une ou l’autre réparation de pièces endommagées pour pouvoir continuer à fonctionner.

"Nous montrons ici que toute une biosphère de micro-organismes qui sont contenus dans les sédiments ont à peine assez d’énergie pour survivre. Nombre d’entre eux existent simplement dans un état essentiellement inactif : ils ne grandissent pas, ne se divisent pas et n’évoluent pas. Ces microbes utilisent moins d’énergie que ce qu’on estimait nécessaire pour soutenir la vie sur Terre", poursuit-elle.

Il survit avec cinquante milliards de milliards de fois moins d’énergie qu’un humain

Les chercheurs ont utilisé des données provenant du sous-sol marin pour construire des modèles. Ils ont combiné différentes données : la quantité de carbone et sa distribution dans la biosphère profonde de la Terre, le taux de réaction chimique et biologique.

Grâce à toutes ces données, ils ont réussi à déterminer le taux de consommation d’énergie des micro-organismes.

Pour rester en vie, pour être actif, pour croître ou s’auto-réparer (la cicatrisation d’une blessure par exemple), un être humain consomme de l’énergie : il brûle aux alentours de 100 joules d’énergie par seconde (soit la puissance d’un ventilateur). Les microbes pointés par ces chercheurs survivent avec cinquante milliards de milliards de fois moins d’énergie qu’un humain. Il est probable que ces populations microbiennes aient habité des zones côtières peu profondes il y a des milliers à des millions d’années.

Quand, où et comment la vie est-elle apparue sur une Terre primitive et hostile ? Où pourrait-il y avoir de la vie, ailleurs dans le système solaire ? Les scientifiques à l’origine de cette découverte estiment qu’elle pourrait éclairer les futures études sur le sujet.

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