Un oeil sur demain: comment accélérer la transition énergétique ?

De nombreux experts estiment qu’il faut produire plus de biomasse, à savoir, des matières végétales utilisées comme source d'énergie. Cette solution a de nombreux avantages mais pour la produire, il faut trouver des terrains sans entrer en concurrence avec l'agriculture traditionnelle. Voilà un défi de taille pour un petit pays comme le nôtre.  

Terrains marginaux: aubaine énergétique?

Aujourd'hui, des milliers d'hectares sont inutilisés sur le territoire de la Belgique. Ces terrains n’intéressent ni les agriculteurs, ni les promoteurs immobiliers. Il s’agit de friches industrielles, de terrains inondables, de terrains situés à proximité de sites sensibles, de parcelles difficiles d'accès en bordure d'autoroutes ou de voies de chemin de fer. Ces terrains dits " marginaux " ont plus d'intérêt qu'on ne le croit car de la biomasse à but énergétique pourrait y être produite.

Les atouts du miscanthus

Le miscanthus est une plante qu'on voit peu dans la campagne wallonne. Il y a trois ans, un agriculteur de Gembloux, Jean-Paul De Wulf, n'a pas hésité à la choisir. C'était la solution idéale pour un terrain légèrement en pente en bordure de route, qui provoquait des coulées de boue. "La météo est de plus en plus changeante. Des orages ont provoqué des coulées de boue sur le rondpoint à proximité.  Nous étions ennuyés pour les citoyens et nous avons cherché à résoudre ce problème ".  

Le miscanthus planté sur quelques dizaines d'ares fait barrage aux inondations et il a l'avantage d'être très facile à cultiver. "Cette plante est dite "pérenne ". Elle est plantée au printemps pour une période de vingt ans et est récoltée chaque année", explique Lucas Gossiaux, chef de projet " production de biomasse " chez Valbiom asbl.   

Lorsque la plante est sèche, en avril, le tout est coupé et transporté dans une résidence pour personnes handicapées, proche du terrain. Le miscanthus servira à alimenter la toute nouvelle chaudière à biomasse mais aussi à faire quelques économies. Leur consommation annuelle était jusqu’ici de 65.000 litres de mazout par an. "Nous allons faire une économie de 50% sur le prix du mazout ", précise le directeur adjoint du home " Le Foyer ". "Pour une institution comme la nôtre, une production de 10 hectares de miscanthus serait nécessaire".

Reste à convaincre d’autres agriculteurs de la région de l'intérêt du projet car le circuit doit rester court. "Nous avons calculé qu’il faut rester dans un périmètre d’une trentaine de kilomètres pour garder des indicateurs environnementaux et des ordres de grandeurs économiques pertinents ", explique Lucas Gossiaux de l’asbl Valbiom.

Visite d'un terrain marginal près des usines de Charleroi

Nous nous sommes rendus sur un autre terrain marginal où 2000 arbres devraient être plantés : aulnes, peupliers, robiniers et espèces ligneuses remplaceront très bientôt avantageusement les arbres à papillon invasifs qui s’y trouvent actuellement. Mais à quelles fins ? "Nous n’allons pas parler immédiatement d’énergie pour ce projet, mais plutôt privilégier l’utilisation de beaux bois pour la construction ou l’isolation par exemple ", explique Aricia Evlard de chez Valbiom.  Cette asbl spécialisée dans la valorisation de la Biomasse, tente de recenser tous les sites marginaux et d'en faire une cartographie complète pour savoir où faire pousser cette biomasse sans être en concurrence avec le secteur agricole.

Les projets en cours sont encore tout petits mais ils laissent entrevoir de nouvelles solutions pour accélérer la transition énergétique.

 

 

 

 

 

 

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