Un mois sans gaspi: des défis pour ménager la planète

Une famille et 4 défis
Une famille et 4 défis - © RTBF

Il y a quatre ans, une petite bande de copains se lance un défi: un mois d'octobre sans chauffage; l'ASBL GreenCaps était constituée. Cette vingtaine de jeunes Bruxellois aspirent à un développement durable et proposent des actions qui suscitent des changements de comportements au bénéfice de la planète: octobre sans chauffage, février sans gaspi, mai sans voiture, juillet sans viande.

Philippe Gendebien, coordinateur de l'ASBL, précise l'objectif de leur démarche: "On n'a pas envie de se lamenter sur le réchauffement climatique, on a envie de faire des actions positives...". Et puis, explique-t-il, "c'est plus motivant de savoir qu'on est plusieurs milliers à se lancer dans l'aventure et que ces actions permettent aussi d'influencer les proches, les voisins, les collègues et peut-être à terme les politiques". 

Cette année, 1250 familles  ont participé à ce défi, 420 tonnes de CO2 ont été épargnées. De plus, ceux qui participent à ce défi font aussi des économies; ainsi, la famille Fobe a épargné 50 euros. Ils sont quatre (papa, maman, deux filles de 2 ans 1/2 et 11 mois), se chauffent habituellement au gaz et habitent un appartement de 90 m2. Cette famille participe depuis un an à tous les défis et essaie de garder de bonnes habitudes tout au long de l'année.

Une journée sans...

Ils nous ouvrent leur porte à 7 heures du matin; il fait encore nuit; il y a 18 degrés dans leur appartement. Chez eux, on n'allume pas le chauffage au-dessus de 17 degrés. Laurent donne à manger à Ananda, 2 ans 1/2; Florence habille Graziella, 11 mois, tout en nous expliquant qu'elle n'utilise pas de lingette; un gant de toilette et de l'eau font très bien l'affaire; par contre, ils n'ont pu s'adapter aux langes en tissu mais ils emploient des langes biodégradables. A 7h45, le papa prend la petite en portage et installe la grande dans un petit siège à l'arrière du vélo; ils se rendent à la crèche: "elles sont super calmes, elles n'ont pas peur... et moi, j'aime bien, c'est super gai de pouvoir conduire mes enfants; j'ai un contact privilégié avec eux, c'est vraiment chouette... La seule chose dont j'ai un peu peur, c'est l'accident mais j'essaie de rouler très prudemment, de prendre des routes où il n'y a pas trop de circulation, des rues où je peux rouler à contresens comme cela, je vois le danger qui arrive...". Après avoir déposé ses filles, Laurent file vers la gare de Bruxelles-central, il prend un train qui l'amène à Gand; là, un autre vélo l'attend pour se rendre au travail.

Un médecin dans le métro

Pendant ce temps, Florence se dirige vers le métro, elle utilise aussi les transports en commun pour se rendre chez ses patients; elle est généraliste: "à Bruxelles, cela devient vraiment difficile de circuler en voiture, il y a tout le temps des embouteillages et puis, c'est très difficile de se parquer...". Ce jour-là, c'est elle qui va chercher les petites à la crèche, elle rentrera à pied et en poussette.

Pendant qu'elle donne le bain à Graziella, comme tous les vendredis, Laurent part au marché avec Ananda: "on évite un maximum la grande surface depuis que l'on a participé au défi -un mois sans gaspi-, on s'est rendu compte qu'on se retrouvait avec des tonnes d'emballages; ici, tout est emballé dans des sachets en papier que j'essaie de récupérer quand je peux". Toujours dans l'idée de diminuer les poubelles, Florence et Laurent ont découvert le compost collectif pour élimer les déchets organiques; ils ont pu réduire ainsi d'un tiers leur poubelle.

Cinquante euros d'économie

Inutile de dire qu'on essaie aussi de manger sainement chez les Fobe. On remplace régulièrement la viande par exemple par des lentilles ou autres graines germées; on essaie dans la mesure du possible de manger bio et local mais sans être toutefois obsessionnel. Ce soir-là pour fêter la fin du défis "un mois sans chauffage", ils avaient invité quelques bénévoles de l'ASBL GreenCaps. Ces défis ne sont pas toujours évidents, souligne Florence, comme circuler en poussette sous la pluie, se bouger pour se rendre au compost mais ajoute Laurent: "je trouve cela intéressant de remettre notre mode de consommation en question... On a plus conscience des gestes qu'on pose; donc, je crois que ça nous transforme un peu à l'intérieur aussi".

Dominique Burge

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