Un médecin agressé et détroussé pendant sa garde après un faux appel

Carl Vanclef, médecin généraliste, a été agressé puis détroussé après un faux appel pendant sa garde
Carl Vanclef, médecin généraliste, a été agressé puis détroussé après un faux appel pendant sa garde - © RTBF

Un médecin qui effectuait ses gardes de nuit a été sauvagement agressé, à Péruwelz. Cette violence pose plus largement la question de la sécurité des médecins lors du travail de nuit. Avec les infirmiers, les médecins sont la seule profession d'intérêt public pour laquelle le prestataire doit se déplacer seul, la nuit.

Il est 22 heures, vendredi soir, quand Carl Vanclef, médecin de garde à Péruwelz ce week-end, est appelé au chevet d'une dame diabétique en souffrance. "Après avoir quitté mon véhicule, je me suis fait agresser par deux fois deux personnes", raconte-t-il, encore sous le choc.

"Ils m'ont jeté par terre, frappé, puis m'ont menacé. De me tuer et de m'enterrer d'abord, puis de s'en prendre à ma famille." Le docteur Vanclef se fait détrousser mais finit par s'échapper. Les délinquants, eux, disparaissent à bord de sa voiture.

Pour lui, pas de doute, il s'agissait d'un guet-apens. L'appel a été passé depuis une cabine, et les bandits visaient clairement un médecin. "Ils ont téléphoné à la centrale pour avoir le nom du médecin de garde. Je ne pensais pas qu'on pouvait agresser quelqu'un qui vient pour soigner."

Carl Vanclef a passé sa journée, hier, à l’hôpital. Il ne comprend pas que le médecin doive assurer ces gardes de nuit complètement seul. "Sans protection, dit-il, les gardes de nuit génèrent un risque qui augmente chaque année."

Un risque a priori difficilement quantifiable, même si les chiffres disponibles témoignent bien de l'existence d'autres faits de violence contre les métiers d'intérêt général (policiers, pompiers, infirmières, médecins, etc.). En 2000, on en recensait 1055, et en 2012, les chiffres de la police fédérale grimpent à 2423.

Michel Vermeylen, de l'Absym, principal syndicat de médecins du pays déplore qu'il n'y ait "rien de prévu de façon formelle". Et pourtant, des initiatives ont déjà été prises : "On a organisé des postes de garde de médecine générale à l'attention des médecins qui craignaient pour leur sécurité, pour qu'il ne doive pas sortir seul avec sa petite mallette", explique-t-il, en ajoutant que "certains cercles fonctionnent avec des taxis mis à leur disposition, ou des chauffeurs".

C'est le cas dans la banlieue anversoise. Un cas de figure idéal, mais qui serait budgétairement difficile à supporter sur l'ensemble du pays.

Odile Leherte

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