Un lien entre usage du gsm et cancer du cerveau? Les avis divergent

Une personne utilise un smartphone
Une personne utilise un smartphone - © Nicholas Kamm

L'usage sur la durée d'un téléphone portable n'augmente pas le risque de cancer du cerveau, selon une vaste étude conduite sur 18 ans au Danemark. Mais une autre étude internationale prétend exactement l'inverse. Ce qui provoque une véritable polémique dans le milieu scientifique.

L'étude danoise, conduite sur 358 403 abonnés à un service de téléphone portable, fait apparaître une absence de lien entre usage du téléphone portable et cancer du cerveau, même chez les personnes abonnées depuis plus de 13 ans. L'équipe, conduite par Patrizia Frei, de la Société danoise du cancer, a prolongé jusqu'en 2007 une enquête qui s'arrêtait en 2002 et avait déjà fait apparaître une absence d'accroissement du risque de cancer. Les nouvelles données fournissent un échantillon beaucoup plus large d'utilisateurs longue durée.

Chez les 358 403 personnes dont l'état de santé a été suivi, il y a eu 10 729 tumeurs du système nerveux central -5111 chez des hommes et 5618 chez des femmes-, mais à peu près autant chez les abonnés que chez les autres.

Dans le détail, les taux de gliome et de méningiome étaient similaires chez les abonnés au téléphone portable et chez les autres, avec des variations "non significatives", quel que soit le nombre d'années d'abonnement. Pour certains types de tumeurs, il y avait d'autant moins de risques qu'on l'avait utilisé plus d'années.

Une étude financée par l'industrie de la téléphonie mobile

Mais ces résultats sont en opposition avec ceux présentés fin mai par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette agence de l'Organisation mondiale de la santé a estimé que l'usage des téléphones portables était "peut-être cancérogène pour l'homme". Les experts réunis par le CIRC avaient analysé toutes les études sur le sujet, dont certaines montraient un risque accru de gliome, un cancer du cerveau.

Ces chercheurs internationaux se sont empressés de critiquer les conclusions danoises et dénoncent une étude tronquée. Selon eux, cette nouvelle étude ne tient compte que des personnes abonnées individuellement, sans tenir compte de celles ne disposant que d'un téléphone portable professionnel, classées comme non-utilisatrices du portable. Par ailleurs, la durée quotidienne d'utilisation du téléphone n'est pas connue, les abonnés n'ayant pas été interrogés. Les résultats seraient donc dilués, selon les experts du CIRC.

Une prudence qui s'impose d'autant plus que cette étude danoise est financée par des opérateurs étroitement liés à l'industrie de la téléphonie mobile.

L. Dendooven et AFP
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