Un œil sur demain: drones et satellites au service d'une agriculture durable

Les drônes permettent d'accroître l'efficacité et la durabilité du travail des agriculteurs
Les drônes permettent d'accroître l'efficacité et la durabilité du travail des agriculteurs - © Pixabay

Dès ce dimanche, un nouveau rendez-vous hebdomadaire s'installe sur les antennes de la RTBF. Le JT de 13h de La Une et celui de 8h des radios de la RTBF sera ponctué par une séquence flambant neuve : "Un oeil sur demain". Concrètement, il s'agit du rendez-vous avec les découvertes scientifiques qui révolutionnent ou vont révolutionner nos vies prochainement.

Le premier rendez-vous de cette séquence est consacré aux agriculteurs de "haute précision". Aujourd’hui, toutes les parcelles de culture peuvent être " scannées " grâce au survol de drones et de satellites. Les informations récoltées et analysées numériquement révèlent à l’agriculteur ce qu’il ne peut souvent pas voir à l’œil nu, et lui permettent d’adapter de manière ultra précise son utilisation de pesticides, de fertilisants et, dans les régions plus arides, d’eau.

Technique pratique et écologique

Un drone décolle depuis un champ de colza. Cet engin téléguidé est spécialement développé pour l'agriculture. "On peut observer l'état de la végétation", lance Bernard Typhon, professeur d'agrométéorologie. Les image obtenues permettent d'indiquer à l'agriculteur où il doit mettre plus, ou moins d'engrais. mais aussi d'azote. "Si on compare une zone en jaune où il y a plus de biomasse, 2,8 kilos, vous voyez que la zone bleue on va mettre moins d'azote", commente Stéphane Henry, brandissant une carte de son champ, colorée de différentes couleurs. 

Et pour Stéphane comme pour les autres agriculteurs adeptes de cette technique high-tech, pas besoin de mémoriser la carte lorsque le moment est venu d'épandre. Toutes les données sont enregistrées dans le GPS du tracteur. "Ici, je ne tiens pas le volant, la parcelle a été enregistrée et le tracteur suit bien sa ligne", explique l'agriculteur. Une sorte de pilote automatique donc, établi grâce aux observations du drone. Autre avantage : "Il n'y a aucun 'redoublage', assure Stéphane. Cela permet de faire une économie de produit. D'un point de vue environnemental c'est quand même important de ne pas mettre du produit là où il n'en faut pas."

L'aide des satellites 

Parallèlement aux drones, les agriculteurs ont aujourd’hui à leur disposition des images satellitaires. Ces photographies, réalisées à quelques centaines de kilomètres des parcelles sont certes moins précises mais elles ont l’avantage d’être disponibles gratuitement, et si le ciel n’est pas nuageux, l’agriculteur a la possibilité de suivre l’évolution de sa parcelle de manière très régulière puisque les satellites passent à peu près tous les 3 jours au-dessus d’une même zone.

Cette technologie est particulièrement prometteuse, et c’est pourquoi le centre spatial de Liège est en train de mettre au point un nouveau nanosatellite, précisément destiné à cet usage. "Oufti 2" ne mesurera pas plus de 30 cm, et sera équipé d’un appareil photo avec capteur thermique qui permettra de faire des relevés complets de la température de surface des sols.

Dans les zones affectées par la sécheresse, cela pourrait constituer un petite révolution, puisque l’outil permet de doser l’irrigation de manière beaucoup plus précise et de faire des économies importantes d’eau. Essentiel quand on sait que dans certaines régions, 70% de l’eau potable est destinée à l’irrigation des cultures.

Cette évolution vers une agriculture plus précise est inéluctable, selon le professeur d’agrométéorologie Bernard Tychon. " Le défi est de mettre ces technologies au service des agriculteurs qui devront progressivement être formés, plutôt que de les imposer, à leurs dépens. "

 

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