Un homme s'immole par le feu dans le bâtiment de Fedasil

L'homme a été transféré à l'hôpital des grands brûlés de Neder-Over-Hembeek.
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L'homme a été transféré à l'hôpital des grands brûlés de Neder-Over-Hembeek. - © Tous droits réservés

Un homme en séjour illégal s'est immolé par le feu dans les bureaux de Fedasil. Il s'agit d'un Guinéen de 25 ans, qui en était à sa deuxième demande d'asile. Ses jours sont en danger. Il est soigné en ce moment au centre des grands brûlés de Neder-Over-Hembeek. Le parquet a ouvert une enquête pour comprendre son geste.

Vers 11 heures ce jeudi matin, un Guinéen de 25 ans patiente dans la salle d'attente de Fedasil. Il demande pour aller aux toilettes. Quand il ressort, il est en feu. "L'homme avait des flammes partout, explique Ine Van Wymersch du parquet de Bruxelles. Le personnel de Fedasil a tout essayé pour éteindre le feu rapidement, notamment à l'aide d'un extincteur trouvé sur place. Les secours sont arrivés très vite. Mais les jours de cet homme sont en danger."

Le blessé est évacué vers le centre des grands brûlés de Neder-Over-Hembeek. La police, elle, boucle un périmètre de sécurité. A l'intérieur du local, on distingue un linge brûlé, et des flaques d'eau. La police scientifique arrive pour faire les premières constations, et récolter des éléments matériels.

Le parquet, également sur place, ne peut expliquer ce geste. "L'homme est né en 1990. Il en était à sa deuxième demande d'asile, dans une phase de recours," poursuit Ine Van Wymersch. Venait-il d'apprendre une mauvaise nouvelle ? "Non, répond la porte-parole. Il savait depuis plusieurs semaines que ses chances d'obtenir l'asile en Belgique étaient très minces. Au moment de son acte, il n'a émis aucune revendication."

Les sans-papiers crient à l'injustice

Vers 14h30, une centaine de sans-papiers arrivent devant les bureaux de l'Office des étrangers. Ils crient à l'injustice. "C'est déjà le deuxième sans-papier qui s'immole par le feu en Belgique. Un Libanais l'avait déjà fait il y a quelques mois, nous explique un manifestant. Notre situation est intenable. Nous attendons cinq, six ans avant d'avoir une réponse quant à notre demande d'asile. C'est beaucoup trop long."

Un autre manifestant demande des explications. Il veut comprendre ce qui est arrivé à ce Guinéen qui a commis un acte désespéré. Et il met en garde: "Si la situation ne change pas, ce genre de drame risque de se multiplier."

Justine Katz

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