Un futur vaccin belge contre un cancer très agressif du cerveau?

Un futur vaccin belge contre un cancer très agressif du cerveau?
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Un futur vaccin belge contre un cancer très agressif du cerveau? - © Tous droits réservés

Les prémices de ce futur vaccin curatif ont commencé dans une petite société pharmaceutique installée dans le parc Créalys de Gembloux. Le médecin belge à l'origine du projet, le Dr Apostolos Stathopoulos, travaille depuis des années sur cette nouvelle voie pour lutter contre le cancer. Ce qu'on appelle l'immunothérapie, un vaccin non pas comme ceux par exemple destinés à éviter la grippe, mais un vaccin destiné à soigner une tumeur.

L'équipe a travaillé sur une tumeur très agressive du cerveau : le "glioblastome". Le principe est assez simple. Paul Petit-Jean, le responsable de la communication de la petite société s'explique : "On prend une partie de la tumeur du patient et on va la mélanger avec des tumeurs provenant d'autres personnes. On va réinjecter le tout, et le système immunitaire de la personne qu'on veut soigner va éjecter immédiatement ce qui vient des autres personnes. Puis il va en profiter pour reconnaître sa propre tumeur, et va l'embarquer avec, c'est-à-dire qu'il va rejeter petit à petit, l'ensemble".

Autrement dit, dans ce cas-ci, ce sont les propres anticorps du patient qui vont s'attaquer à la tumeur. Le patient se soigne lui-même.

Des résultats apparemment bluffants

Après de multiples tests sur des rats, le vaccin a été injecté en dernier recours. C'est-à-dire, après chimiothérapie, radiothérapie et récidive, à quelques patients dont un Colombien à qui on ne donnait plus que quelques semaines à vivre. Sur les images par résonance magnétique (IRM), on voit clairement au fil des injections, la régression de la tumeur.

Nous avons montré ces images IRM au Dr Germain Milbouw, responsable du service de neurochirurgie du Centre hospitalier de Namur. Il ne cache pas son étonnement : "Les premiers résultats (...) sont impressionnants, et plus impressionnants que ce que j'ai pu voir jusqu'à présent (...) Pour moi, c'est plus que prometteur. Prometteur dit bien ce qu'il veut dire, il faudra voir avec le temps et l'épreuve ce que cela va donner, mais on a là des résultats qui sont tout à fait hors norme par rapport à ce que j'ai déjà pu voir.", dit-il.

Tests cliniques aux États-Unis et pas en Belgique

Le médecin belge, à l'origine de cette recherche est neurochirurgien à l'hôpital d'Arlon. Mais c'est pourtant aux Etats-Unis que 80 patients testent en ce moment-même le futur vaccin. Nous lui avons demandé pourquoi ces tests cliniques n'avaient pas lieu en Belgique.

Le Dr Stathopoulos, nous explique : "L'agence belge du médicament et le gouvernement wallon nous soutiennent énormément. Je pense que c'est une question de différence de procédures, elles sont beaucoup plus lentes en Belgique et en Europe qu'aux Etats-Unis, donc c'est pour cela que les choses vont plus vite là-bas."

Nous nous sommes renseignés auprès de l'agence du médicament. En réalité, une première demande de test clinique en Belgique a été refusée par le comité d'éthique. La petite société nous dit qu'une autre demande est en cours de rédaction.

Reste que si l'étude clinique confirme les premiers bons résultats, ce traitement par immunothérapie pourrait bien ouvrir de nouvelles perspectives, non seulement pour ce type de tumeur, mais aussi pour d'autres cancers, comme celui du pancréas ou des ovaires.

Pascale Bollekens

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