Un fragment d'ADN endommagé suffit pour identifier un corps

cette capacité technique à analyser l'ADN évolue de façon exponentielle.
cette capacité technique à analyser l'ADN évolue de façon exponentielle. - © Tous droits réservés

Un laboratoire autrichien a réussi à identifier un corps complètement calciné à partir d'un fragment d'ADN. Il s'agit d'une évolution très importante dans le domaine médico-légal. Une avancée scientifique qui offre de nouvelles perspectives dans les enquêtes policières.

En novembre 2014, des étudiants mexicains ont été kidnappés puis tués. Leurs corps ont été retrouvés complètement calcinés. A tel point qu'il était impossible de les identifier à partir de leur ADN avec la méthode classique. Les autorités mexicaines ont finalement envoyé 17 fragments d'ADN au laboratoire de génétique d'Innsbruck, en Autriche.

Grâce à une méthode d'analyse appelée " Next Generation Sequencing ", l'équipe du Professeur Walther Parson a réussi à identifier l'un des étudiants à partir d'un fragment d'ADN extrêmement endommagé : " Nous sommes capables de réaliser une analyse d'ADN de manière beaucoup plus précise, et donc d'observer plus de détails dans des séquences d'ADN. Aujourd'hui, nous pouvons analyser des fragments d'ADN qui n'étaient pas utilisables auparavant car ils étaient trop petits ou trop endommagés ".

Une véritable avancée dans le domaine médico-légal

Avant cet exploit scientifique dans le cadre d'une enquête médico-légale, il était nécessaire de travailler sur un échantillon d'ADN suffisamment grand et surtout en bon état pour espérer établir un profil génétique, et donc d'identifier une personne.

Marc Abramovicz, le chef du service de génétique médicale de l'hôpital Erasme, nous explique qu'il est désormais possible d'obtenir une identification à partir de micro-fragments d'ADN détériorés, même si cette méthode n'est pas nouvelle: " La méthode, on l'utilise déjà en diagnostic clinique et en recherches biomédicales. Ce qui est neuf, c'est son application dans le domaine de la médecine légale qui tente d'identifier des gens à partir de toutes petites quantités d'ADN qui peuvent même dégradées, c'est-à-dire, réduites en petits morceaux. Ce que cette technique permet, c'est de le faire avec des morceaux encore dix fois plus petits, encore dix fois plus dégradé que jusqu'ici. Cela offre des possibilités de l'appliquer à des fragments de dépouilles, après la mort, qui ont été fortement dégradés".

Une certitude, cette capacité technique à analyser l'ADN évolue de façon exponentielle. Même si tous les résultats obtenus avec cette nouvelle méthode ne sont pas encore probants, les généticiens sont convaincus que d'ici quelques années, ils seront capables d'identifier une personne à partir de toutes petites traces de cellules, même dans l'air.

RTBF

 

 

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