Un fossile belge appartient à l'un des premiers ancêtres européens

Trois crânes retrouvés à Dolni Věstonice en République tchèque et datés 31.000 ans. Attribué à la culture gravettienne (Vénus de Willendorf), ils sont étroitement liés aux autres individus gravettiens analysés provenant de Belgique, de la République tchèque, de l'Autriche ou de l'Italie.
Trois crânes retrouvés à Dolni Věstonice en République tchèque et datés 31.000 ans. Attribué à la culture gravettienne (Vénus de Willendorf), ils sont étroitement liés aux autres individus gravettiens analysés provenant de Belgique, de la République tchèque, de l'Autriche ou de l'Italie. - © Martin Frouz and Jiří Svoboda

Un humérus âgé de 35 000 ans originaire des grottes de Goyet à Namur et conservé dans les collections de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, appartient à l'un des premiers ancêtres des Européens actuel, indique une étude génomique réalisée sur des ossements provenant de la période glaciaire.

Une équipe internationale de scientifiques a analysé l'ADN de 51 fossiles vieux de 7000 à 45 000 ans. "C'est la reconstruction génétique la plus importante jamais réalisée sur l'homme moderne en Europe, avant l'introduction de l'agriculture il y 8500 ans", explique l'Institut royal. Le paléoanthropologue belge Patrick Semal a participé à l'étude.

Ces analyses permettent de savoir que le patrimoine génétique des tout premiers hommes qui sont venus en Europe depuis l'Afrique il y a 45 000 ans ne se retrouve pas dans notre ADN aujourd'hui. Les Européens actuels n'ont presque plus aucune caractéristique génétique typique de ce groupe. "Mais à partir de 37 000 ans en arrière, tous les individus examinés ont bel et bien contribué au patrimoine génétique actuel européen", indiquent les experts. L'humérus provenant des grottes de Goyet, appartenant à un homme, est dès lors la plus ancienne trace d'ancêtre européen.

Toujours selon l'étude, des populations venant de Proche-Orient se sont ensuite mêlées à ce hommes il y a 14 000 ans. Les scientifiques supposent que ces peuples ont été attirées par l'Europe en raison de la fonte des glaces et des températures plus chaudes.

Au total, cinq fossiles provenant des grottes de Goyet ont été analysés pour cette étude. Il s'agit de trois humérus et de trois péronés, datant d'il y a 15 000 à 35 000 ans.

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