Un été de rêve… Pour les insectes ! Voici pourquoi ils vont pulluler

Qu’on se le dise, cet été, les insectes seront nombreux en Belgique. Guêpes, moustiques, mouches et autres bestioles risquent de ponctuer le quotidien des Belges. En cause, un hiver doux suivi d’un beau temps accompagné de ce qu’il faut d’humidité.

La douceur de l’hiver dernier est le premier facteur pour expliquer un nombre, semble-t-il, plus élevé d’insectes adultes actifs en ce début d’été. Il n’y a pas eu de gelées significatives.

S’il y avait eu une période de plusieurs jours avec des températures négatives importantes, par exemple une semaine avec des nuits à -5 ou -10 degrés, les insectes adultes n’auraient pas résisté. Ne resteraient que les larves et les œufs. " Ici, on n’est pas du tout dans ce cas de figure là. Quand on prend des moustiques, des guêpes, on a toute une série d’insectes qui ont résisté à l’hiver et qui sont déjà là au début du printemps. C’est déjà un indice qu’on aura un été avec plus d’insectes ", explique le Professeur Frédéric Francis, responsable du laboratoire d’entomologie à Gembloux Agro-Bio Tech.

La chaleur permet aux insectes de se reproduire plus vite

Le printemps chaud que nous avons connu a aussi joué un rôle d’accélérateur de la prolifération des insectes. " Plus il fait chaud, plus les cycles se raccourcissent. On va augmenter le nombre de générations pour un certain nombre d’insectes. Si on prend le cas du moustique, une femelle va déposer 20 ou 30 œufs par jour, par individu. Le cycle qui va se raccourcir et, en plus de cela, le fait d’avoir d’un nombre d’individus plus important qui, à la génération suivante, vont avoir les mêmes capacités de reproduction, cela fait que finalement on a un développement exponentiel du nombre d’individus. En plus avec le climat qui reste propice, avec des températures assez élevées, et maintenant avec de l’humidité optimale pour le cycle d’insectes, on a des conditions idéales pour avoir un développement des insectes ", poursuit le Professeur Frédéric Francis.


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Avec une température de 22 degrés, les moustiques ont un cycle de trois semaines. S’il fait 30 degrés, la durée du cycle se réduit. Pour les mouches et les guêpes, le phénomène est semblable.

Toutes les conditions sont donc réunies pour connaître un été avec plus d’insectes. Une nouvelle dont les Belges, qui seront plus nombreux à passer les mois de juillet et août en Belgique en raison du Covid-19, devront s’accommoder.

Plus de ravageurs pour les cultures

Si les apéros et les repas en terrasse seront probablement perturbés par la présence de guêpes, si les moustiques viendront déranger les soirées et les nuits des Belges, les secteurs de l’agriculture et de l’horticulture devront aussi faire face à la prolifération des insectes ravageurs. Pucerons, coléoptères, charançons et autres bestioles seront plus présents que normalement. " Si on prend le cas des ravageurs comme les pucerons, dont le cycle est aussi dépendant du climat, on doit s’attendre à avoir un développement plus important, et donc plus de ravageurs. Chez les pucerons, on a des capacités de reproduction très importantes et exponentielles. Donc, on sait que cela risque de poser des problèmes importants ", explique le professeur Frédéric Francis de Gembloux Agro-Bio Tech.

La pyrale du buis en profite aussi…

La pyrale du buis, c’est un papillon de nuit origine d’Asie introduit accidentellement en Europe dans les années 2000. Depuis, il ne fait que se développer. Présent dans le sud de l’Europe, il profite des hivers doux et des étés chauds pour remonter vers le nord. Sa présence est établie en Belgique depuis trois ans environ. Aujourd’hui, avec le printemps chaud que la Belgique a connu, les pyrales du buis prolifèrent.

 Les chenilles, vertes et noires, de ce papillon ne s’intéressent qu’aux buis qu’elles sont capables de dévorer en une nuit. 


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Lorsqu’un buis est atteint, il est difficile de le sauver. Se débarrasser des pyrales est aussi très compliqué. Différents produits, bios ou non, existent sur le marché, des produits à pulvériser ou des pièges à phéromones, par exemple, mais la lutte contre les pyrales du buis nécessite de renouveler souvent les traitements, sans qu’il soit toujours possible d’être débarrassé des bestioles.

D’ailleurs, certains pépiniéristes n’hésitent pas à recommander de brûler les buis infectés pour avoir plus de chance de détruire les cocons et les chenilles et éviter que l’infestation ne s’étende.