Un enfant de 20 mois sauvé grâce aux bactériophages

Les parents, Sofiane et Khadidja et leur garçon Wael, porté par le pédiatre-infectiologue Dimitri Van der Linden.
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Les parents, Sofiane et Khadidja et leur garçon Wael, porté par le pédiatre-infectiologue Dimitri Van der Linden. - © Tous droits réservés

Les bactériophages sont des virus qui tuent des bactéries superrésistantes. Ils sont connus de longue date, mais ce traitement a été délaissé au profit des antibiotiques. Le problème est qu’aujourd’hui, les bactéries sont devenues résistantes aux antibiotiques. Wael, un petit garçon de 21 mois, a été sauvé grâce à l’injection de ces bactériophages. Les Cliniques Saint-Luc ont collaboré avec l’hôpital militaire Reine Astrid, un essai thérapeutique unique au monde.

Wael est un petit garçon vif et souriant. Rien ne laisse deviner qu’il y a quelques mois il était entre la vie et la mort, sa maman à son chevet. « Il n’était pas bien du tout. Il faisait de la température jour et nuit » commente Khadidja.

Wael avait développé une grave infection résistante aux antibiotiques.

« Wael était dans un état très critique aux soins intensifs. À ce moment-là, on a dû prendre des décisions importantes », explique le docteur Van der Linden, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Et la décision a été de soigner le petit garçon en lui injectant des bactériophages. « On a eu la chance de pouvoir compter sur l’hôpital militaire Reine Astrid, qui a été extrêmement réactif. »

L’hôpital militaire cultive ces phages, qui sont des virus mangeurs de bactéries. Il les livre gratuitement aux hôpitaux qui n’ont plus d’autre solution pour sauver un patient. Wael a reçu ces bactériophages par intraveineuse pendant longtemps, 85 jours, avec un effet bluffant, se souvient sa maman : « Au fur et à mesure qu’on avançait dans le traitement des bactériophages, on sentait que notre fils allait de mieux en mieux. Il faisait beaucoup moins de température. »

Un traitement qui a fonctionné pour Wael, mais reste peu utilisé, nous explique le docteur Soentjes, chef de service en infectiologie à l’hôpital militaire : « Depuis 2008 jusqu’à maintenant, on a peut-être traité 25 patients parce que les antibiotiques ne marchent plus. »

Voilà l’une des conditions d’utilisation de ce traitement, qui jusqu’ici ne peut être administré qu’en dernier recours.

 

Phagothérapie, nouvel espoir de la médecine (Archives: Journal télévisé 16/01/2014)

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