Un drone belge s'écrase en France après avoir été escorté par des avions de chasse

Un drone belge rouge et blanc s'est écrasé en France
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Un drone belge rouge et blanc s'est écrasé en France - © www.opex360.com

Le drone qui s'est écrasé lundi après-midi dans le département de l'Aisne (nord de la France) avait décollé de Weelde, au nord de Turnhout (province d'Anvers), et était opéré par l'Institut de recherche technologique flamand, le VITO (Vlaamse Instelling voor technologisch onderzoek), qui en a perdu le contrôle.

Ce drone de grande taille - 3,8 mètres d'envergure et 3,4 mètres de long - a été suivi durant toute une partie de son parcours par deux avions de chasse F-16 provenant de la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg), qui ont ensuite confié sa surveillance à un Rafale et un hélicoptère de l'armée de l'Air française.

Le ministère de la Défense, qui a la protection de l'espace aérien belge dans ses responsabilités, a activé la procédure "Renegade" destinée à identifier un aéronef lorsqu'il semble hors de contrôle - ce qui était le cas - ou mû par des intentions hostiles.

Le drone, de couleur rouge et blanche, prenait en effet la direction sud sud-ouest et se dirigeait vers la région de Bruxelles à une vitesse de 150 à 160 km/h, à une altitude comprise entre 3500 et 4000 pieds (plus de 1000 mètres), selon un spécialiste militaire.

Décollage d'urgence

Les autorités militaires ont été prévenues à 15h16 par le centre de contrôle du trafic aérien (ATCC) militaire de Gavere-Semmerzake (Flandre orientale) - alias "Belga Radar" que le VITO avait perdu le contrôle sur un de ses drones.

A 15h20, l'autre centre-radar de l'armée belge, le "Control and Reporting Centre" (CRC) de Glons, entre Liège et Tongres, qui lui participe à la défense de l'espace aérien belge dans le cadre de l'Otan, a décidé de faire décoller en urgence les deux chasseurs F-16 qui assurent cette tâche 24 heures sur 24 sous le nom de Quick Reaction alert (QRA), selon ce même spécialiste de l'état-major de la composante Air.

Les deux avions ont pris l'air lors d'un "scramble" (décollage d'alerte) à 15h30 et ont intercepté le drone vers 15h36. Ils l'ont identifié visuellement, apercevant un appareil rouge et blanc - sans doute de type "Cruise" comme celui figurant sur le site internet du VITO qui confère une autonomie de "quatre à six heures" à ce type d'engin.

Les drones resteront au sol

L'appareil a franchi la frontière franco-belge dans la région de Florennes avant de voler encore durant près de deux heures dans l'espace aérien français et de s'écraser dans un champ, sans faire de dommages, sur la commune de Dizy-le-Gros, à une cinquantaine de km de Reims. Selon la version donnée par le Service d'information et de relations publiques de l'armée de l'Air (Sirpa-Air), le pilote du Rafale a constaté que le drone "de grande envergure" n'emportait aucune charge sous sa voilure et était "donc inoffensif".

Le VITO possède quelques drones et les font régulièrement voler pour des tests. Dans ce cas le VITO affirme avoir suivi toutes les procédures de sécurité, la perte de contrôle est probablement due à un problème technique. La firme attend que le drone revienne en Belgique pour l'examiner, et enquêter afin de comprendre qu'il s'est passé. En attendant, tous leurs drones resteront au sol.

Y a-t-il des leçons à tirer de cet incident ? A ce stade pas spécialement, selon la Défense. "Nous avons joué notre rôle militaire, la procédure a fonctionné", selon un porte-parole. Selon ce dernier, c'était la première fois qu'ils étaient amenés à escorter un drone.

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