Un diplôme en informatique, c'est la garantie de trouver un travail pour une femme

Charène Hamroun est diplômée de l’Académie des Beaux-arts. Mais une fois son diplôme en poche, elle est contrainte d’enchaîner les petits boulots. Il y a deux ans, à 35 ans, cette mère de deux enfants décide de plonger dans un univers tout autre, celui du codage. C’est une révélation. Au terme de sa formation, elle décroche immédiatement un emploi. Charène est aujourd’hui une développeuse web complètement passionnée.

"Ça a vraiment changé ma vie. J’ai une sécurité. Pour tout vous dire, je n’ai pas cherché de travail. Avant, j’ai postulé dans plein d’endroits mais mon CV est passé complètement inaperçu. Avec ce diplôme en codage, tout a changé car c’est un secteur porteur et très demandé. C’est par le bouche-à-oreille que mon employeur m’a recrutée, je n’ai même pas dû postuler pour pouvoir être engagée."

Les femmes et l’informatique, ces mots sont rarement associés. "A Bruxelles, on a 8% de jeunes femmes en sciences informatiques. C’est catastrophique !", estime Loubna Azghoud, coordinatrice de 1819-Women in Tech. brussels, la plateforme bruxelloise dédiée à l’entrepreneuriat. En Wallonie, ce chiffre tombe même à moins de 7%.

"Quand j’étais à l’école, on ne nous parlait pas d’informatique ou de codage", se souvient Charène. "On nous parlait plutôt de boulots bateaux pour les femmes. On nous disait que les mathématiques, c’était pour les garçons. Maintenant, je pense que les mentalités changent."

Pénurie et multiples opportunités

En Belgique, les femmes ne représentent que 14,1% des spécialistes en ICT (Technologies de l’information et de la communication). La moyenne européenne est de 16,7%. Dans la même veine, d’après le European start-up monitor, les femmes ne constituent dans notre pays que 9% des fondateurs de start-up pour une moyenne européenne de 15,6%.

Face à ce constat, des centres de formation spécialisés dans le codage en informatique tentent d’attirer les femmes vers ce secteur très porteur. C’est le cas d’Interface 3, le centre de formation bruxellois pour femmes en recherche d’emploi. La formation dure 13 mois et n’exige aucun prérequis.

Pénurie oblige, toutes les élèves qui sortent de ce centre trouvent un travail quasiment directement. "Comme il y a une pénurie, il y a une nécessité économique qui pousse les employeurs à se montrer accueillants avec les femmes, parce qu’ils manquent de personnel", analyse Laure Lemaire, directrice d’Interface 3. "Certains employeurs réalisent aussi qu’une équipe mixte, c’est plus riche et que les applications sont plus représentatives de la société dans son ensemble et qu’elles vont donc mieux correspondre aux attentes du consommateur."

Enjeu d’avenir pour les femmes

Roxane Ancis est elle aussi développeuse web. Comme Charlène, sa vie professionnelle a basculé le jour où elle a décroché son diplôme en informatique. Alors qu’elle est déjà employée, Roxane croule aujourd’hui encore sous les propositions de travail. De quoi booster sa confiance. "C’est vraiment une fierté. On le sent dans le regard des autres, quand ils te demandent ce que tu fais comme boulot. Les gens sont souvent étonnés parce que ça ne colle pas à l’image. C’est assez flatteur de voir comme les gens sont impressionnés."

Pour diverses raisons, la grande majorité des femmes n’ont jamais pensé à une carrière dans l’informatique. Il est pourtant nécessaire que les femmes participent à l’évolution de la société et ne ratent pas le train de la quatrième révolution industrielle liée à l’intelligence artificielle. Pour elles, c’est aussi un enjeu de demain.

Le Women Code Festival aura lieu du 7 au 14 octobre 2019 à Bruxelles. Programme complet du Festival sur www.womenintech.brussels

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