Un détenu de la prison de Merksplas va être euthanasié

Frank Van Den Bleeken au Tribunal de Bruxelles, le 25 novembre 2013.
Frank Van Den Bleeken au Tribunal de Bruxelles, le 25 novembre 2013. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Frank Van Den Bleeken a 50 ans. Depuis 30 ans, il est derrière les barreaux, suite à une peine d'internement pour meurtre et faits de mœurs, et va pouvoir être euthanasié. Il dit subir d'insupportables souffrances psychologiques et ne bénéficie en prison d'aucun traitement. Il avait pourtant demandé à être transféré vers une institution aux Pays-Bas, où il aurait pu bénéficier d'une prise en charge adaptée. Mais cela lui a été refusé. La cour d'appel de Bruxelles a pris acte lundi de l'accord conclu entre Frank Van Den Bleeken et le ministère de la Justice, qui accepte que l'interné soit transféré vers un hôpital afin d'y être euthanasié. La cour rendra un arrêt le 29 septembre mais il n'y figurera que le constat de cet accord.

Sa première demande d’euthanasie remonte à trois ans. Elle lui avait alors été refusée par la commission, qui estimait que tous les critères n’étaient pas remplis, notamment que tous les moyens thérapeutiques n’avaient pas été épuisés.

D’où cette demande de l’intéressé : soit être transféré dans une institution néerlandaise qui prend en charge des détenus souffrant de cette pathologie, soit mourir. Cette deuxième option est finalement celle qui aura été retenue. Aucun transfert vers les Pays-bas, mais pourquoi ? Est-ce coûteux ou est-ce par peur de créer un précédent ?

"C'est quelque chose qui apparaît évidemment tout à fait choquant et qui ne devrait pas arriver, confie Juliette Moreau, présidente de l'Observatoire International des Prisons. Maintenant, cela ne nous surprend pas, dans la mesure où nous dénonçons, depuis de très nombreuses années, le manque de soins et particulièrement quant à la situation des internés, et donc des annexes psychiatriques. Les détenus internés y sont parqués en attendant de nombreuses années qu'ils soient transférés vers un emplacement de soins, mais parfois cela n'arrive jamais, car les soins ne sont pas appropriés, car il n'y a pas d'hôpital qui accepte de prendre en charge ce genre de détenu."

Frank Van Den Bleeken avait cité en référé la ministre de la Justice en demandant à être transféré vers cette institution néerlandaise ou à être euthanasié.

La cour d'appel de Bruxelles avait jugé que la ministre n'était pas compétente pour décider d'un éventuel transfert aux Pays-Bas et refusé cette option. Elle devait examiner lundi la demande d'euthanasie mais un accord est entre-temps intervenu dimanche entre le SPF Justice et l'avocat de l'intéressé.

Frank Van Den Bleeken sera donc euthanasié faute de soins appropriés chez nous. La Belgique a déjà été pointée du doigt à de nombreuses reprises pour les mauvaises conditions de détention de ses détenus psychiatriques.

Aline Gonçalves

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