Un couple sur cinq est séparé mais cohabite pour raisons financières

Un couple sur cinq cohabite pour des raisons financières
Un couple sur cinq cohabite pour des raisons financières - © rtbf

Les Américains les appellent les "living together apart", autrement dit, les cohabitants forcés. Il s’agit de couples qui ne s'entendent plus mais qui continuent à habiter sous le même toit pour des raisons économiques.

Dans certains foyers, des couples s'aiment, d'autres se déchirent et parfois ne se supportent plus, et pourtant, ils continuent à vivre sous le même toit. Selon un sondage d'opinion réalisé par la Ligue des Familles, un couple sur cinq renonce à la séparation ou au divorce pour des raisons économiques.

Chacun vit sa vie

Julie a 35 ans et deux enfants. Elle a déjà souvent pensé à la séparation mais ses moyens financiers ne le lui permettent pas. "Je ne travaille pas et louer un appartement avec deux enfants est hors de prix".  Elle a avoué clairement à son mari qu’elle a décidé de rester avec lui pour des raisons financières. "Nous avons très peu d’activités ensemble le soir ce qui nous permet de vivre notre vie chacun de notre côté, sans nous parler". Mais Julie avoue aussi prendre des antidépresseurs pour tenir le coup, car elle espère toujours pouvoir un jour "prendre son envol".

Un choix de vie pas toujours tenable

Dans les plannings familiaux, les médiateurs sont de plus en plus confrontés à cette réalité. Chantal le Brun, médiatrice au planning familial d’Uccle à Bruxelles, constate souvent que ce type de situation n’est pas tenable dans le temps. "Ces couples finissent quand même pas se séparer et c’est là que la situation devient très compliquée car il faut alors trouver des pistes de solutions".  

Cas concret

Un jeune couple qui a un petit garçon de sept ans, vient consulter Chantal Le Brun pour la seconde fois.  Lors de cette séance, les comptes sont mis à plat : madame touche 1250 euros, monsieur en gagne 845 et les dépenses s'élèvent à plus de 900 euros par mois.  Les calculs sont vite faits et la conclusion est directe : à deux, c'est possible, mais séparément c’est très compliqué. "Je peux loger quelques temps chez ma maman", dit la jeune femme. "Mon frère peut m’héberger quelques temps", précise le jeune père.  

Pour la médiatrice, ces solutions posent problèmes, notamment en matière d’éducation des enfants, car "plusieurs personnes qui ne sont pas les parents, sont sur le même lieu de vie. Si par exemple, la grand-mère est plus disponible que la mère qui travaille, il y aura à la longue un effet sur les relations parentales".   

L'espoir et un peu de chance

Justine, une autre jeune maman, a trouvé une autre solution.  Après sa séparation avec le père de son fils, elle a rencontré un nouveau compagnon. Leur histoire s'est vite terminée, mais il a proposé de lui aménager un petit coin dans sa maison. "J’ai cherché un appartement, mais j’ai essuyé plusieurs refus, parce que j’étais au chômage; parce que je n’ai pas de garantie ou encore parce que je suis seule avec  un enfant", témoigne-t-elle.  

"Je ne me voyais plus continuer à vivre avec le père de mon enfant ou encore avec mon ex compagnon, juste pour profiter de la situation". En prenant cette décision, elle savait que la vie serait très difficile, mais elle gardait l’espoir de se débrouiller. "En voici pour preuve : aujourd’hui mon petit garçon et moi ne manquons de rien. Ce n’est pas le luxe, mais j’y arrive". L'esprit solidaire de l'ex compagnon a sauvé Justine. Et même si sa vie est loin d'être simple, aujourd'hui, elle est libre et heureuse.

I.L. avec D. Burge

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