Un concours va filtrer les futurs vétérinaires

La faculté de médecine vétérinaire de Liège est victime de son succès. Renommée au-delà de nos frontières, elle accueille chaque année le double du nombre d'étudiants pour lequel elle a été conçue. Ce qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes.
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a donc pris une décision radicale pour limiter l'accès à ces formations.

Concours

De tout temps, on n’a jamais formé autant de vétérinaires en Fédération. Quatre institutions organisent le Bac mais une seule, l'ULg, offre les masters. Or, chaque année, 350 nouveaux étudiants s'inscrivent en 1ère année alors que la faculté est dimensionnée tout au plus pour 200. Ça ne pouvait plus durer. Non seulement, les travaux pratiques sont pénibles et improductifs quand une 30aine d’étudiants se pressent autour d’un animal mais ils sont aussi dangereux. L’an dernier, on a même déploré un accident.
Dès lors, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a résolu d’instaurer, dès la rentrée prochaine, un concours à la fin de première année pour filtrer l'accès à la deuxième.

La moins mauvaise idée

Cela ne satisfait personne, explique Jean-Claude Marcourt (PS), mais c'était, selon lui, la seule initiative possible. Si l’on veut préserver une formation de qualité, estime le ministre, il faut en passer par là au moins dans un premier temps. Il annonce toutefois: "La volonté n’est pas du tout de se limiter à cette mesure mais de travailler aussi à d’autres alternatives".
Mais pas la peine, à ce stade, d’imaginer par exemple qu’on repousse les murs de la faculté. Le ministre ne dit rien de cette possibilité mais on imagine que les fonds nécessaires à l’opération ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval. Au contraire, l'intention semble plutôt être de diminuer le nombre de facultés susceptibles d'organiser le Bac de façon à mieux contenir le flot d'inscriptions en première année.

Et les étudiants non retenus?

Les étudiants en médecine qui n’atteignent pas le niveau exigé se voient proposer des filières alternatives. Et pour les vétés alors? Eh bien, c’est dans l’ordre des choses, promet Jean-Claude Marcourt. Par exemple, on peut organiser des masters qui ne débouchent pas sur un diplôme de vétérinaire mais sur des matières proches de la discipline. On peut aussi réorienter les étudiants vers d'autres filières. Mais à ce stade, il s’agit surtout de réflexions, de projets qui n’ont encore guère de chair.

Réactions?

Les étudiants n’accueillent pas l’idée de gaieté de cœur. Personne n’aime les concours et les limites qu’ils fixent aux ambitions personnelles. Pourtant, même si par principe ils y sont opposés, beaucoup estiment que parmi les mauvaises solutions, celle du concours en fin de première année est sans doute la moins dommageable. "De toute manière, on est trop nombreux, nous dit cette étudiante de 3ème année, et nous arrêter plus tard, ce serait pire." "La situation est intenable, explique aussi Marc Étienne Leroy, le président de la société générale des étudiants en médecine vétérinaire. L’année prochaine, ma promo va diplômer 380 vétérinaires alors que la Wallonie a besoin de 40 à 50 vétérinaires chaque année."
Le doyen de la faculté, Georges Daube, est sur la même longueur d’onde. "Ça fait un an qu’on mène ce combat", dit-il.

Effet quasi immédiat

Les étudiants déjà engagés dans le cursus vétérinaire ne sont pas concernés par cette décision. Mais ceux qui s’inscriront lors de la prochaine rentrée dans les différentes institutions qui organisent le Bac devront en tenir compte. Le ministre espère que le signal sera suffisamment fort, que les aspirants vétérinaires réfléchiront avant de s’engager sur un chemin qui, faute de réussite au concours ou faute de réorientation, risque de mener à un cul de sac.
Cela dit, Jean-Claude Marcourt le répète: c’est une mesure prise en urgence. L’intention n’est pas d’en rester là mais de travailler sur d’autres pistes qui restent toutefois à débroussailler.

 

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