Un Centre de documentation sur le nazisme s'ouvre à Munich

Manifestation antinazis devant la maison natale d’Hitler en Autriche.
Manifestation antinazis devant la maison natale d’Hitler en Autriche. - © JOE KLAMAR - BELGAIMAGE

A l’époque nazie, Munich était, aux yeux d’Hitler, la "capitale du mouvement", à savoir la capitale du national-socialisme. C’est à Munich, en Bavière, que se trouve le berceau du nazisme. La ville-tremplin du Führer possède aujourd’hui un centre de documentation consacré aux pages les plus noires de l’histoire allemande.

Contrairement à d’autres villes de l’ancien IIIème Reich, la capitale bavaroise a mis plus de temps à regarder son passé en face. Il a fallu attendre septante ans après la chute de Berlin pour que s’ouvre ce Centre de documentation consacré au nazisme.

Si Munich a joué un rôle si important pour le mouvement nazi c’est principalement parce qu’Hitler s’y était installé.

C’est là que le parti national-socialiste a été fondé juste après la Première Guerre mondiale, profitant aussi d’un terreau réactionnaire et du soutien financier de certains milieux. C’est là qu’il y eut le putsch raté de 1923, suivi du procès d’Hitler qui l’emmena en prison où il rédigea ‘Mein Kampf’. Et c’est là aussi que le parti nazi eut son siège jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Un travail de mémoire tardif

Si le travail de mémoire a été si long à Munich, c’est par désir de refouler le passé et de " passer à autre chose " pour renouer avec l’image de la ville où il faisait bon vivre. On a reconstruit le centre-ville plus ou moins à l’identique et la naissance de ce musée a été très laborieuse, avec de nombreux débats, de nombreuses polémiques. "

Le Centre de Documentation prend la forme d’un cube blanc qui tranche vraiment sur l’architecture des environs. On a l’histoire du nazisme, des origines, de la Première Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui. On s’y intéresse bien sûr à la montée de ce mouvement ; à tout ce qu’il a pu faire, mais on s’intéresse aussi aux conséquences ou aux mouvements néo-nazis d’aujourd’hui pour souligner qu’il faut savoir tirer les leçons du passé.

Pascal Thibaut