Un capteur individuel pour protéger votre peau contre les UV et la pollution : on a testé pour vous

Capteur MySkinTrackUV
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Capteur MySkinTrackUV - © RTBF

C’est l’un des derniers nés de la cosmétique personnalisable. C’est aussi un exemple de l’ampleur que prend le business de la pollution. Nous avons testé pour vous le nouveau mini-capteur solaire d’une célèbre marque de cosmétiques vendue en pharmacie.

Le capteur est relié à une application sur smartphone où vous êtes invité à paramétrer votre type de peau. "Compatible avec les iPhone 7 et au-delà, ainsi qu’avec la plupart des téléphones Androïd", nous vend la publicité. MySkinTrackUV prétend surveiller les UV, la pollution, le pollen et l’humidité.

Alors, ça marche ?

C’est plutôt efficace en ce qui concerne les UVA et UVB. L’appareil mesure en effet le taux d’UV que reçoit le porteur du capteur. Une journée où le ciel est plombé, j’ai vu grimper mon taux d’UVA sur l’écran de mon smartphone. Voilà qui sert de piqûre de rappel : non, les nuages n’arrêtent pas tous les rayons. "J’aime bien cette idée-là, réagit Dominique Tennstedt, dermatologue aux cliniques universitaires Saint-Luc, de ce point de vue là, je suis séduit par l’outil. Ça, c’est une très bonne chose, de faire comprendre aux gens qu’ils ne sont pas protégés par les nuages. Les UVA sont ceux qui vieillissent et qui cancérisent. Les UVB brûlent et cancérisent encore plus".

Il précise toutefois qu’il ne faut pas se fier aveuglément à ce type de dispositif. "Sur la publicité, il est présenté en pendentif. Si votre chemisier ou votre foulard cache le capteur, le taux d’UV auquel vous êtes exposé ne sera plus correct. Certains de mes patients en ont acheté plusieurs aux Etats-Unis, où il est commercialisé depuis plus longtemps, et les indices ne sont pas toujours pareils d’un capteur à l’autre. C’est donc un indicateur, mais vous ne devez pas vous y fier pour mesurer le temps que vous allez encore passer au soleil".

D’autant qu’à peau de carnation égale, la réaction au soleil peut différer. "Prenez deux personnes qui se ressemblent, cheveux blonds et yeux bleus, de carnation égale, vous pouvez avoir une réaction extrêmement différente au soleil. Ce que le capteur ne saura pas évidemment".

Surveiller la pollution, le pollen, l’humidité, au même titre que les UV ?

L’application prétend surveiller ces quatre 'agresseurs environnementaux' au même titre. Si ce n’est pas un mensonge en tant que tel, cela passe sous silence le fait que le capteur uniquement les UV. "Quand j’ai vu la taille du capteur, je me suis étonné qu’ils arrivent à tout mettre en un si petit capteur. Car chaque capteur qui mesure chacun de ces paramètres a un certain volume", nous explique Cathy Clerbaux, professeure à l’ULB en sciences du climat et spécialiste de la qualité de l’air. On voit la composition du capteur sur le site web de la marque. En fait, c’est juste une led qui mesure les UV. C’est relié à une application qui agrège les informations sur la pollution issue des modèles de qualité de l’air que les agences de qualité de l’air installent en routine".

Les données récoltées sont néanmoins intéressantes pour celui qui veut identifier les agressions environnementales dont il est victime. Et selon Cathy Clerbaux, cela répond à une vraie demande. "On a des étudiants qui ont fait une thèse en qualité de l’air chez nous et qui travaillent maintenant dans des sociétés où l’on développe des capteurs individuels de pollution. Il y a une demande sociétale forte d’avoir davantage de capteurs de pollution, mieux répartis sur la ville que les grosses stations de pollution qui existent à l’heure actuelle".

Un capteur payant qui sert à recommander des crèmes de la même marque

L’application recommande par défaut des crèmes et lotions qui correspondent au type de peau. Une fois qu’elle accumule les données, elle affine ses recommandations. "Comme c’est une firme qui commercialise ça, et qui commercialise aussi des écrans solaires, elle ne conseille que les crèmes de leur propre marque. Il est évident qu’il y a là un petit biais marketing".

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