Un biologiste se fait injecter des gènes de synthèse dans son ADN pour vivre plus longtemps

Un biologiste américain, Brian Hanley vient de bricoler son propre génome. Plus exactement, il s’est fait injecter des gènes synthétiques, avec l’objectif de vivre plus longtemps. Il est déjà possible de transformer des légumes ou des graines pour les rendre plus résistants aux attaques ou aux nuisibles, c’est ce qu’on appelle les OGM. Ce chercheur a décidé d’appliquer cette technique à son propre corps.

Comme il aimerait vivre plus longtemps, il a choisi de faire synthétiser par son ADN une hormone de croissance. Cette hormone est la GHRH, connue aussi sous le nom de somatocrinine. Il a estimé via ordinateur quelle devait être la séquence d’ADN pour produire cette hormone et il a mis le tout sous circulaire. Ce qu’on appelle un plasmide. Il n’a donc pas modifié son propre ADN de chromosome, mais a construit un ADN qu’il a dû s’injecter dans les cellules.

Par électrochocs

Il ajoute ainsi un ADN de manière à forcer la cellule à produire cette hormone. Cette injection n’est pas simple dans la mesure où le produit peut parfaitement rester à l’extérieur de la cellule sans y rentre. Pour vaincre cet obstacle, il a utilisé la technique de l’électroporation. Elle consiste à déclencher 80 impulsions de 100 microsecondes de 2500 volts par centimètre. Un électrochoc.
Dès ce moment, la paroi cellulaire devient beaucoup plus poreuse et le plasmide peut entrer dans la cellule. Cette dernière est alors "obligée" de fabriquer l’hormone de croissance. Une hormone choisie parque se réduit lorsque l’être humain vieillit. Chez les personnes âgées de 60 ans elle n’est plus qu’à un niveau de 20% seulement de ce qu’elle était durant la jeunesse.

S’il a testé cette technique sur lui-même, c’est parce qu’aucune société n’était intéressée par un procédé jugé trop dangereux. Il est donc suivi actuellement par l’équipe du George Church à Harvard, qui analyse systématiquement son sang toutes les semaines

Quel risque?

Le risque principal est une réaction de son système immunitaire. Car s’il s’agit d’un morceau de son propre ADN, cellule n’est pas une structure naturelle.

Son taux de testostérone a effectivement augmenté de 20 %. Il a amélioré ses graisses, par exemple le taux de lipides. Il a alors ressenti ce qu’on appelle un sentiment d’euphorie pendant les 3-4 semaines qui ont suivi.

L’espoir de nouveaux traitements

La société nationale américaine de la santé, le NIH, a reçu l’autorisation d’injecter ces structures circulaires d’ADN dans des cellules, où ils ont codé cette fois-ci non pas l’hormone de croissance mais quelques parties d’ADN du virus de Zika, de façon à obtenir un type de vaccination différent. Si cette technique fonctionne, on pourra le faire dans toute une série de domaines. Cette fois-ci le vaccin ne consisterait pas à donner des virus affaiblis ou des bactéries affaiblies, mais un ADN différent. Notre système immunitaire reconnaîtrait cet ADN différent et produirait une attaque contre le virus si, un jour, l’organisme est en contact avec le virus.

Ce Brian Hanley, est évidemment dangereux puisqu’on ne sait pas a priori quelle va être la réaction du corps par rapport à son propre ADN modifié, mais la technique reste prometteuse. Elle ne consiste pas à modifier l’ADN du chromosome, mais à forcer la cellule à produire toute une série de choses.

Des test avaient déjà été effectués sur des animaux, mais passer du test sur l’animal au test sur l’homme pose évidemment des questions éthiques.

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