Un bébé à tout prix avant le 1er janvier 2020? Pour quels avantages (fiscaux) ?

Mieux vaut que votre bébé arrive avant la fin de l'année.
Mieux vaut que votre bébé arrive avant la fin de l'année. - © carlosftw - Pixabay

117.800 bébés ont pointé le bout de leur nez en 2018, dont 270 sont nés le dernier jour de l’année. Les parents ne le savent peut-être pas, mais avoir un bébé juste avant le changement d’année leur a rapporté de l’argent. Ce sera aussi le cas pour les parents dont les bambins arriveront avant le 31 décembre à 23h59. "Fiscalement, c’est plutôt avantageux que l’enfant naisse avant le 1er janvier", nous confirme Marc Van Thournout, expert-comptable et membre du Conseil de l’ITAA, l’Institute for Tax Advisors and Accountants.  Les parents peuvent alors bénéficier d’avantages fiscaux sur l’ensemble de l’année 2019 alors que le bébé est arrivé quelques jours, voire quelques heures, avant la fin de l’année. "En matière fiscale, on regarde toujours la situation au 1er janvier de l’exercice. Donc si l’enfant naît après le 1er janvier 2020, il sera déductible pour la déclaration fiscale prochaine, pas celle de 2019", explique l’expert-comptable.

Cadeau : 1610 à 9000 euros

En fait, chaque personne à charge dans un ménage donne droit à des réductions fiscales. "Imaginons que c’est le premier enfant, alors vous aurez une réduction de votre base fiscale de 1610 euros, souligne Marc Van Thournout. Cela passe à 4150 euros de réduction pour le deuxième et 9290 euros pour le troisième". Il faut compter 25% de réduction sur les deux premiers enfants.

Un autre avantage fiscal vient se greffer au premier. "L’avantage, si l’enfant naît cette année-ci, c’est que vous aurez une réduction forfaitaire de 600 euros  à 45% sur votre déclaration fiscale parce que c’est un enfant de moins de trois ans et que vous n’avez pas rentré de déduction pour les frais de crèche". Chaque année, le ménage, dont l’enfant a moins de trois ans, a le choix sur sa déclaration fiscale : il peut bénéficier d’un forfait de 600 euros ou d’une réduction maximum de 11,20 euros par jour de crèche.

Evidemment, on ne calcule pas une grossesse et encore moins le jour de la naissance. "La nature doit faire les choses, insiste l’expert-comptable. Mais un petit conseil : si on a envie de fonder une famille ou de l’agrandir, il vaut mieux que l’enfant arrive avant la fin de l’année, ce sera tout de même un petit plus dans l’escarcelle fiscale."

Il faut aussi savoir qu’en matière parafiscale, il y a aussi les primes de naissance. "À Bruxelles, la prime de naissance est actuellement de 1297 euros, mais elle tombe à 1100 euros l’année prochaine. Cela fait aussi partie des aléas du basculement d’une année à l’autre", comme d’ailleurs le choix de la région où l’on va habiter conclut Marc Van Thournout.

Une césarienne de convenance, c’est possible ?

Au niveau médical, une césarienne à la demande est-elle possible. Pour l’instant, les chiffres ne permettent pas d’indiquer qu’il y a plus d’accouchements planifiés juste avant le 31 décembre que le reste de l’année, mais des césariennes ou des déclenchements de convenance n’étonnent pas Siham Zaytouni, gynécologue à l’hôpital Erasme. "Il n’y aurait rien de surprenant à voir que courant du mois de décembre, on a un taux de césarienne un peu plus élevé pour des raisons de convenance, tant probablement à la demande des patientes qu’à la demande de certains médecins pour garantir leur présence", confirme la spécialiste.

Mais une césarienne n’est pas un acte à prendre à la légère. Comme tout acte chirurgical, il peut y avoir des conséquences pour la mère et pour l’enfant. "Prendre rendez-vous pour une césarienne ou une induction, alors que les deux ne sont pas médicalement indiqués, va augmenter les risques de l’accouchement, précise le Dr Zaytouni. On va les mettre en balance. Lorsque le bénéfice qu’on attend dépasse le risque qu’on prend alors il est indiqué de le faire. Mais en dehors de toute indication médicale, i n’y a pas de raison d’induire une patiente ou de lui proposer une césarienne de convenance."

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