Un appel à la grève internationale des femmes lancée le 8 mars, la Belgique solidaire

Un appel à la grève internationale des femmes lancée le 8 mars, la Belgique solidaire
Un appel à la grève internationale des femmes lancée le 8 mars, la Belgique solidaire - © Belga

Inspirés par la marche des femmes de Washington et du Black Monday, plusieurs acteurs du féminisme ont lancé un appel mondial à la grève des femmes le 8 mars, à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits de celles-ci. Ce vent de contestation trouvera également écho en Belgique, même si les femmes ne sont pas, à proprement parler, appelées à faire grève. Néanmoins, "elles ne seront pas là où on les attend d'habitude", prévient le mouvement Vie Féminine.

Mercredi, les femmes délaisseront leur foyer ou leur travail pour envahir l'espace public et dénoncer la banalisation de la violence à leur encontre. "Une action cohérente avec l'appel à la grève internationale", estime Céline Coudron, coordinatrice nationale de l'ASBL Vie Féminine puisque "l'idée est d'exercer une pression sur les gouvernements afin de faire avancer les choses en matière de violences à l'égard des femmes, qu'elles soient physiques, économiques, politiques, verbales ou morales".

Un mouvement né en 1975 en Islande

L'appel à la grève générale des femmes est né en Islande en 1975 lorsque certaines d'entre elles ont exhorté leurs semblables à cesser le travail et qu'elles ont été suivies par des milliers de manifestantes. Le mouvement de protestation a ensuite été réitéré à plusieurs reprises dans le pays avec dernièrement, le rassemblement, le 24 octobre 2016 à 14h38, de quelque dizaines de milliers de femmes ayant cessé leur travail à l'instant à partir duquel elles ne sont théoriquement plus rémunérées si on compare leur salaire à celui de leurs collègues masculins.

D'autres pays se sont depuis inspirés du modèle islandais, à l'instar de la Pologne où plus de 300.000 femmes sont descendues dans la rue le lundi 3 octobre, toutes vêtues de noir (Black Monday), pour protester contre le projet d'interdiction totale de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou encore en Argentine, où les femmes ont protesté contre les violences et aux Etats-Unis où la gent féminine s'est mobilisée contre Donald Trump (marche des femmes).

Vu l'ampleur que prenait le mouvement à travers le globe, un groupe de femmes polonaises a alors décidé de relier entre elles ces différentes actions et d'organiser une mobilisation commune. C'est là qu'est née la "International Women's Strike", soit la grève internationale des femmes, avec pour slogan: "La solidarité est notre arme". Quelque 35 pays, dont la Belgique, répondent présents à l'appel, selon le site de l'initiative. Une pétition a également été lancée au niveau international.

Focus belge sur les violences faites aux femmes

En Belgique, les organisateurs préconisent une "façon ouverte et libre de prendre part à la grève". Les femmes sont par exemple invitées à suspendre leurs tâches ménagères, à porter des vêtements noirs, à aller manifester, à poster sur les réseaux sociaux une photo d'elles-mêmes en grève.

À Bruxelles et en Wallonie, les femmes se rassembleront en rue ou sur les marchés pour faire entendre leur voix. De Bruxelles, à Charleroi en passant par Liège, Louvain-la-Neuve, Nivelles, Mons, Verviers et encore Arlon, Namur, Tournai et Huy, la mobilisation se concentrera sur les violences féminines. "Passées sous silence, banalisées, excusées, niées, ces violences restent largement sous-estimées", soutient Vie Féminine. Les différentes actions organisées s'inscrivent en fait dans la deuxième étape de la campagne "Brisons l'engrenage infernal!", lancée en novembre dernier par l'association. "Aujourd'hui, il s'agit de dépasser la prise de conscience pour agir concrètement contre la banalisation des violences et l'impunité qui règne à leur égard", souligne l'association.

Une centaine de femmes se sont déjà rassemblées samedi midi place de la Monnaie à Bruxelles, à l'initiative du mouvement Marche mondiale des femmes.

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