Tueurs du Brabant: résumé de plus de 30 ans de mystère

Plus de 30 ans plus tard, il est toujours impossible d'affirmer l'identité des Tueurs du Brabant.
Plus de 30 ans plus tard, il est toujours impossible d'affirmer l'identité des Tueurs du Brabant. - © HO - BELGA

C'était il y a plus de 30 ans. Une première vague de 1982 à fin 1983. Une seconde à l'automne 1985. Trois hommes. Le "Vieux", le "Géant" et le "Tueur". Si l'histoire des "Tueurs fous du Brabant" a traumatisé une génération entière, elle semble encore loin d'être résolue. Alors qu'un semblant de son portrait robot et ceux de ses complices tournent depuis des années, un homme, ancien gendarme du groupe Diane, pourrait être celui que la presse a surnommé "Le Géant". 

Entre 1982 et 1985, les criminels fous tuent 28 personnes en blessent 22 autres et dérobent, au total, un pactole proche de 7 millions de francs belges (approximativement 175 000 €). Si l'on dénombre quelques variantes, le mode opératoire reste sensiblement le même. Une grande surface, souvent un Delhaize dans la province du Brabant, des tirs à-tout-va et le braquage des caisses. Rien qui ne laisse présager quel lieu sera pris pour prochaine cible ni quand cela se déroulera.

Malgré les efforts de la police, les collaborations avec les autorités des autres pays, la récompense colossale promise par Delhaize Group, les innombrables soupçons et l'interminable enquête, rien ne permet à ce jour d'affirmer avec certitude leur identité. Tels des fantômes, les hommes passent à travers les mailles du filet. Et puis, fin 1985, tout s'arrête. 

Alost, 9 novembre 1985

L'attaque qui se déroule dans le Delhaize d'Alost dure un quart d'heure au bout duquel le "Tueur" sort du magasin en continuant à canarder sur tout ce qui lui passe sous les yeux. Le coffre-fort fraichement subtilisé sous le bras, il monte dans une Golf qui part à toute vitesse vers Ninove. Avant d'atteindre le véhicule, l'un des policiers embusqués sur les lieux de la tuerie pense toucher le tireur. La nuit du drame, vers minuit et demi, deux couples qui traversent le bois de la Houssière (Hainaut) aperçoivent deux hommes près d'une Golf à l'arrêt. À leurs pieds, une forme humaine gît sur le sol. Et puis, plus rien.

La théorie des profilers canadiens qui travaillaient en collaboration avec les services belges, soutiendrait que le tueur aurait effectivement été touché dans la fusillade et serait mort suite à sa blessure. C'est donc son corps que les deux couples auraient vu. Étant le chef de la bande, les deux autres se seraient rangés après son décès.

Nouvelle piste

Depuis huit mois, les enquêteurs s'intéressent à un homme qui pourrait être le "Géant". D'après la Dernière Heure et Het Laatste Nieuws, il s'agirait d'un ancien gendarme du groupe Diane, l'ancêtre des unités spéciales. Il y a deux ans, il aurait révélé sur son lit de mort son implication dans les tueries. Le suspect aurait remis des certificats de maladie correspondant aux jours des fusillades. Il se serait également blessé au pied quelques jours avant le dernier drame à Alost lors duquel des témoins auraient vu le "Géant" boiter.

"Sa famille confirme qu'il était l'un des membres de la Bande de Nivelles et qu'il était du groupe de Diane. Un gendarme fou d'armes qui allait souvent s'entraîner au tir pratique. Il était assez fier d'être un des hommes forts de la bande" affirme Christian De Valkeneer, procureur général de Liège qui suit le dossier depuis dix ans. 

Affaire à suivre

Si certains restent sceptiques quant au lien entre l'ancien gendarme et le "Géant", cette nouvelle piste relance tout de même une enquête vieille de 32 ans. Certaines victimes reprennent espoir devant cette piste qui semble solide. Il reste huit ans aux cinq policiers qui travaillent encore à temps plein sur le dossier avant que les faits ne soient prescrits. Le mystère reste entier. 

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