Tueurs du Brabant : le comité Free Ali remet en question la nouvelle piste Belliraj-Aarrass

Tueurs du Brabant - Piste Belliraj-Aarrass: le comité Free Ali remet en question l'éthique journalistique
Tueurs du Brabant - Piste Belliraj-Aarrass: le comité Free Ali remet en question l'éthique journalistique - © BELGAIMAGE

Alors qu’une nouvelle piste selon laquelle Abdelkader Belliraj serait le chef des Tueurs du Brabant et Ali Aarrass le Géant est évoquée dans la presse, l’éthique journalistique dans le dossier est remise en cause samedi par Luk Vervaet, du comité Free Ali, qui se demande également pourquoi cette piste est lancée maintenant.

"Mais où est l’éthique journalistique si on peut lancer ce genre d’accusation horrible, avec nom et prénom, contre des personnes détenues à 2000 km d’ici, dans des conditions extrêmement dures et sans aucune possibilité de réplique ? Publication, sans aucun commentaire critique ?", dénonce Luk Vervaet dans une lettre.

Ce dernier se demande par ailleurs pourquoi la piste est lancée maintenant et qui se cache derrière l’expert en terrorisme qui en est à l’origine.

"Pourquoi cette accusation contre Ali Aarrass, […] qui doit être libéré dans moins d’un an ? Est-ce parce qu’il y a des forces au sein de l’appareil policier ou judiciaire qui souhaitent empêcher cette libération ?", se questionne notamment Luk Vervaet. "Est-ce parce qu’il est toujours en procès contre l’État belge qu’il veut faire condamner pour non-assistance à un citoyen torturé ayant la double nationalité ? Est-ce parce qu’il est toujours en procès contre l’État espagnol pour extradition illégale ? Est-ce parce que le Maroc souhaite le discréditer à fond avant sa sortie de prison, avant qu’il ne puisse dénoncer ce qu’il a vécu ? Toutes des pistes qui devraient être prises au sérieux par les services de police et de la justice, et par la presse."

Dans une autre lettre, la famille d’Abdelkader Belliraj se demande également "à qui profite cette tempête médiatique principalement fondée sur le conditionnel".

Arrêté en 2008 au Maroc, Belliraj a avoué six assassinats politiques commis en Belgique dans les années 80 et 90, avant d’affirmer que ses déclarations avaient été obtenues sous la torture.

L’avocat de sa famille estime que la piste évoquée n’a aucun sens. "Il n’a jamais été interrogé à ce sujet. En outre, le parquet fédéral a requis l’absence de charges concernant les six assassinats en 2015, mais le jugement se fait attendre", rappelle Me Lahlali dans la presse flamande, signalant qu’Ali Aarras – également détenu au Maroc pour terrorisme et qui affirme aussi que ses "aveux lui ont été soutirés sous la torture" – ne fait qu’environ 1m75.

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