Tueurs du Brabant: le carnet retrouvé dans la caravane n'appartenait pas au "Géant"

Le carnet d'adresses retrouvé dans la caravane du présumé "Géant" des tueurs du Brabant, dans les Ardennes, appartenait à ses précédents propriétaires, ont affirmé leurs enfants. Ce carnet avait échappé aux fouilles des policiers. Mais à peine révélée, cette piste se dégonfle déjà. 

C'est un journaliste du quotidien flamand De Morgen qui l'avait découvert à Cerfontaine en fouillant la caravane de Christiaan Bonkoffsky, l'homme aujourd'hui suspecté d’être le géant : "Notre idée, c'était plutôt de rencontrer des gens autour, de voir si quelqu'un avait connu ce monsieur", nous a expliqué Douglas De Coninck, l'auteur de l'article. "Mais finalement, c'était à l'abandon total et toutes les portes étaient ouvertes. On est entré et on a un peu fouillé"

Voilà comment il est tombé sur ce carnet daté de 1984, la période des tueries du Brabant. Il contient quelques noms et numéros de téléphone. Pour le journaliste c'est sûr, le carnet appartient bien au géant : "Il avait une vie normale aussi et peut-être que ce ne sont que des amis normaux. Si on veut reconstruire son monde de cette époque-là, je pense que c'est quand même un outil intéressant".

Sauf que depuis, les enquêteurs ont analysé le document. Le carnet et les noms inscrits n'ont aucun liens avec les tueries du Brabant ou le géant.

"Ce carnet, qui en fait est un carnet qui daterait de 1984, donc évidemment période de nos faits, mais est un carnet qui en réalité appartiendrait ou aurait appartenu à l'ancien propriétaire de cette caravane puisque Mr B est venu s'installer dans cette caravane au début des années 90', donc bien après les faits", explique Christian De Valkeneer, le procureur général de Liège.

La police devra tout de même comprendre pourquoi ce carnet lui a échappé lors des fouilles de la caravanes en septembre. 

Plainte contre le quotidien

De leur côté, les enfants des anciens propriétaires reprochent au quotidien flamand d'avoir publié des noms, des adresses et des numéros de téléphone reconnaissables. Ils ont demandé au Morgen de retirer l'article en cause et ont saisi la commission de la vie privée. 

"J'ai agi en toute bonne foi", a pour sa part commenté Douglas De Coninck. "J'ai signalé l'existence de ce carnet dans mon reportage mais il apparaît qu'il appartenait aux propriétaires précédents de la caravane", a-t-il ajouté en affirmant que les données personnelles contenues dans le carnet auraient dû être "floutées" à l'impression, ce qui n'a pas été le cas et il s'en est excusé. 

Quant à l'avocat de la famille du présumé Géant, Geert Lenssens, il a fait part de l'étonnement de ses clients. "C'est inquiétant qu'on retrouve encore un carnet d'adresses et différentes affaires dans une caravane qui a été fouillée par les enquêteurs", a-t-il dit.

Selon l'avocat, ses clients souhaitent eux aussi connaître la vérité, une étude graphologique ou une recherche d'ADN pouvant notamment déterminer à qui appartenaient réellement le carnet et les chaussures qui se trouvaient dans la caravane. 

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