Tueurs du Brabant : l'évolution des techniques ADN au service de l'enquête

La juge d’instruction de Charleroi en charge du dossier des tueries du Brabant, Martine Michel, a invité plusieurs centaines de personnes au profil suspect à se soumettre à un prélèvement ADN, rapporte La Dernière Heure mercredi.

Visées : les personnes dont l’identité est apparue à un moment

L’initiative, sans précédent, vise des personnes dont l’identité est apparue à un moment ou l’autre dans le dossier de plus de deux millions de pages sur des évènements qui ont fait 28 victimes entre 1982 et 1985. "Plusieurs centaines" de personnes au profil suspect seront invitées à se soumettre à un prélèvement de salive par coton-tige, mais le parquet fédéral ne pouvait être plus précis quant au nombre exact.

On a des moyens de faire des choses impossibles auparavant

Pour Eric Van Duyse et Eric Van der Sypte, porte-parole du parquet fédéral, la liste actuelle est d’ailleurs "provisoire, évolutive", et le nombre devrait donc augmenter. Contacté par la RTBF, Eric Van Duyse ajoute : "On a des moyens de faire des choses qui étaient impossibles auparavant, comme par exemple décoder un ADN mixte, c’est-à-dire que si plusieurs personnes ont touché un même objet. Avant, il était totalement impossible d’identifier un profil ADN. Aujourd’hui, c’est possible. Donc si deux personnes ont touché un même objet, on peut arriver à tracer deux profils différents sur cet objet et ça permet d’ouvrir un certain nombre de pistes qui n’étaient pas ouvertes jusqu’à présent.Le professeur Philippe Boxho dirige l’institut de médecine légale de l’ULG. Il explique : "Depuis l’apparition des techniques permettant d’identifier l’ADN dans les années 80, les choses ont énormément évolué. Tant dans la manière dont analyse l’ADN, tant la quantité d’ADN nécessaire. Au départ, il nous fallait des quantités importantes d’ADN, aujourd’hui quelques cellules suffisent pour effectuer un séquençage d’ADN."

Un travail d’ampleur énorme

Les porte-parole évoquent par ailleurs un "travail d’ampleur énorme". Celui-ci sera effectué "principalement" par l’INCC, l’Institut national de criminalistique et de criminologie.

Eric Van Duyse précise : "Il y a 35 ans, les techniques ADN n’étaient pas ou peu utilisées. Il y a des objets du dossier qui sont réexaminés aujourd’hui car l’ADN présent sur ses objets n’avait pas été examiné à l’époque. Aujourd’hui l’ADN de certaines pièces est encore exploitable."

Les vérifications concerneront aussi la prise des empreintes digitales et des analyses balistiques. "Nous avons des procédés de police scientifique que nous ne possédions pas par le passé", observent-ils.

Les prélèvements d’ADN et d’empreintes digitales sont en cours depuis la fin de l’année passée, certaines personnes ont déjà donné les leurs, d’autres pas, car la loi belge ne permet pas le prélèvement sous contrainte.

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